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Pourquoi le nihilisme ?

mars/avril 2014

#Divers

Face au mot « crise », si souvent employé depuis quelques années qu’il ne renvoie plus à grand-chose, il est utile de redonner sa place au « nihilisme ». Issue d’une histoire, cette notion nous permet de ne pas nous enfermer dans notre présent, et d’interroger aussi bien la destruction du sens qui semble caractériser notre époque que l’appel aux valeurs qui trop souvent prétend y répondre.

Pourquoi le « nihilisme » ? Les mots ne manquent pas, pourtant, qui disent la sombre incertitude du présent. Est-il opportun de faire usage d’un terme qui charrie autant de présupposés ?

Dans la sémantique contemporaine de l’inquiétude, c’est le mot « crise » qui domine. Déclinée dans à peu près tous les registres de la vie collective (l’économie, la morale, l’amour ou la politique), la crise nomme les contradictions où s’enferre la société, tout en faisant, en principe, signe vers un dénouement. Elle devient « structurelle » lorsque aucune issue n’est à l’horizon et que, d’événement transitoire, la crise se transforme en état permanent. Mais même dans ce cas, on peut hésiter à employer le

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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