Photo : David Todd McCarty
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Trump et le populisme américain

Héritier d'une tradition politique qui remonte à la fin du xixe siècle aux États-Unis, écrit Michaël Kazin au lendemain des élections de 2016, Trump puise surtout dans la veine raciale nationaliste de celle-ci. Mais il lui manque pour convaincre une vision positive du « peuple » susceptible de redonner à l'Amérique sa grandeur.

Donald Trump est un populiste improbable. Ayant hérité de sa fortune, le président des États-Unis passe son temps à faire l’étalage de sa richesse et de ses nombreuses propriétés. Il fait la navette entre ses lieux de villégiature huppés et des hôtels de luxe, et il a adopté un programme économique qui, entre autres choses, réduira les taux d’imposition pour les ultra-riches comme lui. Mais un homme politique n’a pas besoin de vivre parmi ses électeurs aux revenus modestes, ni même de leur promettre des politiques qui augmenteraient leurs revenus, pour se faire le porte-voix de leurs griefs et gagner leur soutien. En 2016, Trump a su se saisir du profond désespoir et du ressentiment de millions d’individus parmi les classes populaires et la classe moyenne blanche.

Trump est loin d’être le premier politicien à tenir un discours anti-élites et à se faire le héraut des gens ordinaires. L’histoire des États-Unis a été marquée par deux traditions populistes distinctes, souvent en concurrence l’une avec l’autre. Les commentateurs de la vie politique les nomment populisme « de gauche » et « de droite ». Mais ces expre

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