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Antisionisme et antisémitisme

L’antisionisme de gauche contexte l’existence légitime d’un État juif. Il procède d’une opposition au nationalisme, mais elle reste limitée au cas des Juifs. Il procède aussi d’une critique, légitime, de la Nakba et de l’oppression des Palestiniens, mais il confond les politiques du gouvernement et l’existence de l’État.

Dans un certain nombre de campus universitaires et dans de larges pans de la gauche, l’antisionisme est une politique qui, aujourd’hui, se porte bien. La réponse convenue des organisations juives et de la plupart des Juifs que je connais est de dire qu’il s’agit de la version la plus récente de l’antisémitisme. Mais l’antisionisme est un problème en soi ; il possède de multiples variantes. J’aimerais explorer sa variante antisémite dans les pages qui suivent. Je considère que le « sionisme » renvoie à l’idée de l’existence légitime d’un l’État juif, rien de plus. L’antisionisme conteste cette légitimité. Ma préoccupation, ici, concerne l’antisionisme de gauche aux États-Unis et en Europe.

L’antisionisme juif

La plupart des variantes de l’antisionisme se sont d’abord manifestées parmi les Juifs. La première, et probablement la plus ancienne, voit dans le sionisme une hérésie juive. Selon la doctrine orthodoxe, le retour des Juifs à Sion et la création d’un État sont l’affaire du Messie et auront lieu dans les temps à venir. En attendant, les Juifs sont sommés d’accepter l’exil, d’obéir aux gouvernants des Gentils et d’attendre la lib&eac

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Michaël Walzer

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À mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron, le dossier diagnostique une crise de la représentation démocratique. Il analyse le rôle des réseaux sociaux, les mutations de l’incarnation politique et les nouvelles formes de mobilisation. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Luc Nancy sur l’Islam, Michael Walzer sur l’antisionisme et François Dubet sur la critique de la sélection.