Caisse d'allocations familiales du 18e arrondissement de Paris (2019).
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Pour retrouver un souffle solidaire

Longtemps en baisse, le taux de pauvreté menace d’exploser en raison de la crise sanitaire et de la doxa qui fait de la pauvreté une question de responsabilité individuelle. Un nouveau souffle solidaire commencerait par la formulation de nouveaux droits, la revalorisation du RSA, et une nouvelle répartition des rôles entre territoires et citoyens.

Entre 1945 et le début des années 2000, la pauvreté en France n’a cessé de reculer. Le taux de pauvreté, communément admis comme la part des Français dont les ressources sont inférieures à 60 % du revenu médian, est ainsi passé de 18 à 12,5 % entre 1970 et 2003, avec deux périodes de forte baisse : les années 1970 et la période 1995-2003. Mais depuis plus de quinze ans, le taux de pauvreté a au mieux stagné, au pire augmenté, notamment sous l’effet de la crise de 2008. Depuis 2010, il reste bloqué au-dessus de 14 %, frôlant les 15 % en 2018 (dernière statistique stabilisée), avec aujourd’hui le risque d’un accroissement sensible du fait de la crise sanitaire.

Solidarité collective

Certes, la baisse historique de la pauvreté, jusqu’au début des années 2000, est d’abord la conséquence de la reconstruction économique, puis de la croissance des Trente Glorieuses. Mais elle est aussi le fruit d’une approche sociale, portée par des gouvernements de droite comme de gauche, de la lutte contre la pauvreté, héritée entre autres du solidarisme de la fin du xixe siècle et du Conseil national de la Résistance (CNR), et

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Matthieu Angotti

Après avoir occupé différentes fonctions associatives et institutionnelles, il accompagne aujourd’hui les organisations sanitaires et sociales au sein du cabinet Kaeros. Il est l’auteur, avec Robin Recht, de Désintégration (Delcourt, 2017).

Christophe Devys

Diplômé de l’École normale supérieure de Cachan, de l’institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration, titulaire d’un doctorat en mathématiques appliquées, Christophe Devys est aujourd’hui président de la commission de lutte contre la pauvreté de l’Uniopss, et président du collectif ALERTE contre la pauvreté et l’exclusion.…

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.