Photo : chuttersnap
Dans le même numéro

L'espace à toutes vitesses

Les théoriciens de l’accélération du monde parlent d’un appauvrissement de nos vies contemporaines, dans lesquelles l’espace disparaît au profit de l’urgence. Or à l’heure de l’hyper-connectivité mondialisée, l’espace est encore bien là, articulé au temps. Et la diversité des pratiques et des rythmes peut aussi être vue comme une richesse...

Les discours dénonçant la mise en péril de nos sociétés par la tyrannie de la rapidité séduisent, souvent. Paul Virilio, un des auteurs les plus fameux en la matière, professe depuis quatre décennies avec une remarquable constance la disparition de l’espace sous les coups de boutoir de la vitesse et la mort conséquente de l’idée même de culture. Hartmut Rosa, plus récemment, avec son livre Accélération. Une critique sociale du temps1, a rencontré une grande audience et ce d’autant que notre sociologue était en France présenté comme l’héritier en titre de la tradition critique de l’École de Francfort. Selon lui, l’accélération (des déplacements, des communications, des activités économiques et sociales, du rythme de vie des individus) est devenue un des fondements des sociétés mondiales. Non seulement la planète rétrécit et l’espace humain se rapetisse (on retrouve là une affirmation à la Virilio) mais la vitesse soumet les individus à une dictature qui les aliène ; le temps leur manque toujours et la lenteur leur fait horreur. Ils choisissent alors le court terme, le divertissement, délaissen

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Michel Lussault

Professeur à l'ENS de Lyon et directeur de l'École urbaine de Lyon, il est l'auteur de Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation (Seuil, 2017).

Dans le même numéro

La vie urbaine et les temps communs

Accélérer ou ralentir: un faux débat

La ville de la nuit

La querelle des rythmes scolaires