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L'urbain s'étale !

L’étalement aujourd’hui ne se fait plus simplement d’un centre vers une périphérie, mais entre tous types d’espaces, et l’urbanisation, qui renvoie à l’idée de concentration, crée aussi des vides qu’il ne faut plus simplement « remplir », mais aménager. Ce n’est qu’en renonçant aux divisions plein/ vide, ville/nature, urbain/rural, que cela deviendra possible.

Parmi les traits géographiques majeurs de l’urbain généralisé qui caractérise le monde contemporain, il en est un qui attire immédiatement l’attention, qui peut même être considéré comme une des signatures de l’urbanisation actuelle : ce que l’on nomme en langage usuel l’étalement. Partout l’étalement, c’est-à-dire l’effusion spatiale de l’urbain à partir d’un périmètre originel – celui de la ville telle qu’elle s’était mise en place avant la Seconde Guerre mondiale –, est avéré, en toute latitude et quelles que soient la taille de l’aire urbaine considérée et les formes matérielles prises par cette évolution. Ce processus de périurbanisation avait déjà marqué la période (1800-1945) où l’industrialisation allait de pair avec l’urbanisation, mais la vigueur et l’échelle de l’étalement contemporain sont sans commune mesure avec c

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Michel Lussault

Professeur à l'ENS de Lyon et directeur de l'École urbaine de Lyon, il est l'auteur de Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation (Seuil, 2017).

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