Dans le même numéro

Deux stratégies pour le centre

À la différence des Britanniques, qui viennent de rejeter un projet de changement de mode de scrutin demandé par les libéraux-démocrates, les Français ont besoin d’un troisième parti de gouvernement, qui s’exprime généralement par la présence de deux candidats de droite à l’élection présidentielle. Cette tendance est produite par le scrutin à deux tours mais résulte aussi, plus profondément, de la pluralité historique des droites chères à René Rémond.

Elle s’est manifestée dès la première élection du président au suffrage universel sous la Ve République, avec l’émergence à 15 % de Jean Lecanuet. Elle s’est poursuivie, depuis, sous deux formes. La première a été une distribution claire des rôles entre le centre et une droite gaulliste ou néogaulliste : Poher en 1969 face à Pompidou, Giscard en 1981 attaqué par Chirac, Barre en 1988 contestant le leadership du même Chirac, Bayrou en 2007 s’opposant à Sarkozy, sans même se rallier au second tour, ce qui constituait une première. L’autre variante est celle d’une configuration plus ambiguë, comme en 1974 où Giscard, économiquement plus à droite que le gaulliste Chaban, se recentra par le libéralisme culturel et politique, ou, en 1995,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Michel Marian

Philosophe de formation, il travaille dans le domaine des politiques scientifiques et de recherche. Michel Marian publie régulièrement notes et articles sur la politique française dans Esprit. Il s’intéresse également à l’histoire et à la culture arméniennes, tout comme aux questions de reconnaissance du génocide arménien.…

Dans le même numéro

Tunisie : le temps de la fondation

La corruption politique en Algérie

Aperçus des révoltes au Caire et à Damas

Les avenirs incertains de la sécularisation