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Passage à Ndesha, Congo

Énorme, le Congo. Une énorme fabrique d’orages. Un énorme fleuve. Un énorme potentiel de ressources naturelles. Et là où, après une guerre civile qui a fait 4 millions de morts, je m’attendais à trouver des villes résignées aux meurtres et à l’effondrement, j’ai d’abord eu la gratitude de sentir un énorme désir de vivre. Sourire des milliers d’enfants shege, abandonnés dans les rues de Kinshasa et dormant dans les cimetières. Courage des adolescents qui élèvent leur corps, tout ce qui leur reste souvent, à la dignité du temple de Dieu. Élégance des dames agrippées aux portes des minibus. « Bayandas » poussant leurs vélos chargés de 300 kg sur 500 km pour 50 dollars, avec une foi du désespoir qui ne les empêche pas de s’arrêter le dimanche pour entendre la gratitude d’exister : « bimpa bê », c’est trop bien ! N’est-ce pas le commencement de la parole de Dieu sur le monde ? Quelle émotion pour moi d’entendre cette parole ainsi attestée, dans de telles circonstances, et avec une telle force !

Et pourtant, le Congo démocratique (ex-Zaïre) ne tient aujourd’hui que par un vide central, un effondrement des institutions. C’est un chaos qui ne tient debout que parce que le

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Olivier Abel

Professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie-Montpellier, après avoir enseigné au Tchad et à Istanbul, puis à Paris de 1984 à 2014, où il a créé le Fonds Ricœur. Il a notamment écrit sur la philosophie morale et politique de Calvin, Milton et Bayle et publié récemment Le vertige de l’Europe, Genève, Labor et Fides, 2019.…

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