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Positions – Albert Camus à Kiev

janvier 2014

#Divers

Certains feignent d’être surpris du succès rencontré par les célébrations qui ont accompagné, en France comme à l’étranger, le centième anniversaire de la naissance d’Albert Camus (1913-1960). C’est oublier que, depuis des décennies, Camus est l’auteur du xxe siècle le plus lu en France et que les jeunes générations apprécient particulièrement son écriture fluide et déliée qui annonçait à sa manière ce que Roland Barthes devait appeler le « degré zéro de l’écriture ». C’est également oublier qu’il y a dans cette reconnaissance comme un semblant de revanche contre le mépris et les avanies dont il fut la victime ; dans les années 1970, où le progressisme le plus violent et le plus ignare régnait dans les disciplines prétendument philosophiques et vouées au concept, on se gaussait de ce « philosophe pour classes terminales », on ironisait sur son théâtre à message, on n’en finissait plus de célébrer l’existentialisme révolutionnaire de Sartre contre l’humanisme mou de Camus.

Reste qu’on n’en est plus là ! Certes, le théâtre de Camus a vieilli, mais on redécouvre la force et la lucidité des éditoriaux politiques et des commentaires du journaliste, et l’on recon

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