DR Institut Cervantes
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Sergio Pitol, excentrique et novateur

janv./févr. 2019

Sergio Pitol a été le plus voyageur – traducteur, lecteur et diplomate – des écrivains mexicains, toujours en quête d’un ailleurs. Sa dernière œuvre, L’Art de la fugue (1996), permet de tenir enfin celui qui n’est jamais là où on l’attend.

Les lettres hispanophones ont été touchées par un deuil douloureux le 12avril dernier: après une longue détérioration de son état de santé, l’écrivain Sergio Pitol est décédé à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Auteur mexicain longtemps considéré comme confidentiel, incomparable et inclassable, Pitol a reçu tardivement des marques de respect et les prix les plus prestigieux, comme le prix Cervantes en 2005, considéré comme le Nobel de la langue espagnole. Malgré le prix Caillois en 2006, il reste peu lu en France. Que sa disparition serve de révélateur et que ce texte permette une meilleure circulation de cette œuvre qui a bouleversé l’univers littéraire en Amérique latine.

La pratique littéraire – écriture et lecture – a un lien évident avec le voyage : tous deux motivés par la recherche de l’ailleurs, ils offrent d’une façon comparable les tentations, les mystères, les vertiges et les inquiétudes propres à leur exercice. Les écrivains, même les plus sédentaires comme Lezama Lima ou Kafka, ont chacun eu une façon de s’évader, de créer une avancée particulière sans connaître l

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Philippe Ollé-Laprune

Directeur de la Casa Refugio Citlaltépetl et de la revue Líneas de Fuga, Philiipe Ollé-Laprune vient de publier Les Amériques. Un rêve d'écrivain (Seuil, 2018).

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.