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L’impasse italienne

Comment expliquer les dernières péripéties politiques en Italie, où un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate vient de succéder à celui qui rassemblait 5 étoiles et la Ligue ? Aux mobiles et calculs politiciens s'ajoute une instabilité structurelle, dans un système institutionnel mal adapté à un paysage politique désormais tripolaire.

Vue de France, la politique italienne a toujours quelque chose d’énigmatique. Mais ce qui s’est passé en ce mois d’août 2019 apparaît indéchiffrable même aux normes de Rome. Pourquoi Matteo Salvini, qui semblait tenir le pays, a-t-il ouvert une crise de gouvernement qui l’a catapulté dans l’opposition ? Pourquoi le Mouvement 5 étoiles, qui s’est construit dans le rejet de la politique à l’ancienne, a-t-il accepté de s’allier avec le Parti démocrate pour soutenir un nouveau gouvernement de coalition ? Et comment les représentants de celui-ci ont-ils pu mettre de côté la litanie d’injures (de «mafieux» à «pédophiles») que les disciples de Beppe Grillo leur adressaient encore récemment ? Ce qui a frappé l’opinion publique italienne, c’est qu’aucun des trois acteurs de cette farce estivale n’a pris le soin de donner un sens à son comportement : tout est apparu absurde, opportuniste et déjà vu, comme un mauvais film.

Les observateurs étrangers ont pris le réflexe de chercher la clef de certaines baroqueries italiennes dans l’histoire des papes ou chez Machiavel, c’est-à-dire dans des st&e

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Raffaele Alberto Ventura

Philosophe, il écrit dans la presse italienne (Il Foglio, Linus) et collabore avec le site Le Grand Continent. Il est l’auteur d’un ouvrage paru en italien sur la crise de la classe moyenne, Teoria della classe disagiata (minimum fax, 2017).

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À mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron, le dossier diagnostique une crise de la représentation démocratique. Il analyse le rôle des réseaux sociaux, les mutations de l’incarnation politique et les nouvelles formes de mobilisation. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Luc Nancy sur l’Islam, Michael Walzer sur l’antisionisme et François Dubet sur la critique de la sélection.