Matera, Italie
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Pasolini, you too ?

La construction sociale du consentement

Quand un certain rapport de pouvoir entre en crise – aujourd’hui, celui d’une certaine élite culturelle –, ce sont avant tout ses représentations qui cèdent : d’un coup, la réalité entière apparaît sous une lumière différente.

L’écrivain Gabriel Matzneff, des cinéastes et des metteurs en scène, des entraîneurs de multiples disciplines sportives et des célébrités de toute sorte sont aujourd’hui décriés voire honnis en tant que prédateurs sexuels par les milieux, notamment médiatiques, qui les avait longtemps encensés ou qui, au minimum, ont gardé le silence alors qu’ils « savaient ». On peut parler d’évolution des mœurs, certes. Mais ne devrait-on pas aussi s’interroger sur la logique sélective de ces jugements ? On condamne ici ce que l’on tolère là, et de toute façon, on pardonne plus aisément à ses amis qu’à ses ennemis. Quid, par exemple, de Pier Paolo Pasolini, qui a entretenu lui aussi des relations avec des mineurs, se demande Dominique Hernandez dans Le Monde[1] ? Le poète et cinéaste italien suscitait en effet le scandale chez beaucoup, qui passaient alors pour des conservateurs invétérés, alors que d’autres, qui le défendaient, étaient considérés comme de courageux libéraux. Son cas est différent de celui de Matzneff et d’autres personnalités sur la sellette aujourd’hui. Mais il mettait déjà en sc

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