Désinfection liée au coronavirus au Venezuela en avril 2020 | pixabay
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Venezuela : le pétrole, l’or et le sang

Des inégalités qui ne cessent de s’accentuer, des institutions dégradées, des violences en augmentation… L’avenir du Venezuela, déjà très incertain, est encore assombri par l’épidémie du Covid-19.

Le début de l’année est typiquement la période des révoltes et des bouleversements au Venezuela. Cette année pourtant, le calme semble régner dans un pays devenu un symbole d’échec économique, de répression et de migration massive. Serions-nous revenus à la normale ? On serait tenté de le croire, vu l’étrange vague de prospérité qui déferle sur les quartiers aisés de Caracas, où supermarchés et autres commerces regorgent à nouveau de produits importés et où les magasins de luxe, les restaurants haut de gamme et les centres commerciaux connaissent une seconde vie1. De plus, les mesures prises par le gouvernement de Nicolás Maduro pour combattre le coronavirus ont vidé les rues et remplacé les passants ordinaires par des soldats et des policiers. Ainsi, le Venezuela offre par endroits l’image d’un pays rasséréné, mieux sécurisé, et qui se met doucement en route vers une nouvelle prospérité.

En réalité, plus l’on s’éloigne de la capitale, plus l’on perd de vue le clinquant. À l’intérieur du pays, les pénuries continuent à s’abattre sur les populations les plus démunies. Au sud, un nouveau régime d’illégalité a occasionné une explosion de violence contre les populations locales. La crise a forcé Nicolás Maduro à lâcher prise sur l’économie et à abandonner tout effort de contrôler les factions violentes qui se partagent désormais le territ

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Victoria Zurita

Victoria Zurita est doctorante en littérature comparée à l'Université de Stanford. Ses recherches portent sur la circulation de l'individualisme en tant qu'idéal éthique et esthétique en France et en Amérique Latine et sur le souci de soi en tant que moyen de création de communautés alternatives. Elle est aussi traductrice et éditrice pour le salon littéraire en ligne Arcade.

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Ce dossier spécial décrit l’expérience de vulnérabilité commune suscitée par l’épidémie, interroge les règles de l’exception qui lui répond et explore les différents imaginaires qu’il sollicite. À lire aussi dans ce numéro : les pressions chinoises sur la recherche, les discours de haine en ligne et un entretien avec Emma Lavigne sur le Palais de Tokyo.


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