La fête de la Fédération le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars | Charles Thévenin (1764 - 1838) Musée Carnavalet - Histoire de Paris
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Le Prince face à la foule

Présenté comme le candidat de la rupture, Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité des institutions de la Ve République. La personnalisation du pouvoir s’oppose pourtant à l’exigence démocratique.

Votre essai, Le Retour du Prince[1], s’intéresse aux mutations de l’incarnation en politique. Vous y interprétez notre fascination pour les chefs comme un retour en arrière, malgré le caractère -apparemment moderne de leur communication politique. Comment cette grille de lecture s’applique-t-elle à la campagne d’Emmanuel Macron de 2017 ? Qu’est-ce qui a vraiment changé avec cette élection ?

Lorsqu’on est attentif au temps long de la politique, force est de constater que les «nouveaux mondes» sont rares. Certes, il y a eu dans l’histoire des changements historiques profonds et des ruptures de l’ordre politique, comme la Révolution française, qui opère un transfert de légitimité du roi vers le peuple. À un niveau de transformation moindre, des changements de régime politique ont pu intervenir, le dernier en date étant la Ve République en 1958.

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron correspond à une situation différente. Elle est le produit de l’effondrement d’un certain nombre de pratiques politiques à l’intérieur d’un ré

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Vincent Martigny

Professeur de sciences politiques à l'université de Nice, il vient de publier Le Retour du Prince (Flammarion, 2019).

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À mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron, le dossier diagnostique une crise de la représentation démocratique. Il analyse le rôle des réseaux sociaux, les mutations de l’incarnation politique et les nouvelles formes de mobilisation. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Luc Nancy sur l’Islam, Michael Walzer sur l’antisionisme et François Dubet sur la critique de la sélection.