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À qui profite le crime ? Insécurité et vote à l’élection présidentielle de 2002

octobre 2021

Alors que l’insécurité semble redevenir un enjeu électoral, un retour sur l’élection de 2002 montre que la gauche n’a pas péché par « angélisme », mais qu’elle n’a pas su répondre aux demandes sociales de ses électeurs.

Le 21 avril 2002 reste une date traumatique pour la gauche française. Ce jour-là, Jean-Marie Le Pen se qualifie à la place de Lionel Jospin pour le second tour de la présidentielle. Ce « tremblement de terre » s’est non seulement reproduit en 2017, mais il pourrait avoir une réplique en 2022. Vingt ans plus tard, l’insécurité semble redevenir l’un des enjeux électoraux majeurs, alors même que d’autres préoccupations se font jour autour des inégalités, de l’éducation ou des enjeux climatiques1. Il paraît donc important de revenir sur ce que l’insécurité a fait au vote en 2002. Est-ce bien cet enjeu qui a fait perdre Lionel Jospin, qui a gonflé les votes pour Jean-Marie Le Pen, qui a fait gagner Jacques Chirac ? On verra que les enquêtes de 2002 mettent en lumière une histoire plus complexe qu’il n’y paraît et que la martingale sécuritaire aurait très bien pu aboutir à un scénario catastrophe pour la droite. Elles montrent également que les préoccupations des Français étaient bien plus diverses que l’histoire ne l’a laissé entendre ; un enseignement qui mériterait d’être retenu pour la campagne présidentielle qui s’annonce.

Une lecture en héritage

Un récit de 2002 a fini par s’imposer. Pour de nombreux responsables politiques, éditorialistes et commentateurs, c’est l’« angélisme » du gouvernement Jospin et des partis de la gauche plurielle qui était en cause. Ceux-ci n’auraient pas vu ou aura

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Vincent Tiberj

Docteur en science politique, professeur des universités, Vincent Tiberj est chercheur au Centre Emile Durkheim et délégué recherche de Sciences Po Bordeaux. Il est notamment l’auteur de Les Citoyens qui viennent (Puf, 2017).

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.