Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Dans le même numéro

Les banlieues populaires ne voteront plus !

La politique de la ville a laissé s’édifier une société des exclus de la République, abandonnant toute perspective d’égalité. Il n’est donc pas étonnant que les résidents des quartiers populaires ne votent plus.

Depuis 1995, les habitants des banlieues populaires doivent supporter malgré eux les controverses délétères de la plus importante consultation politique de la vie politique française : l’élection présidentielle. Nourris au venin de l’hostilité, ils furent piégés lors des rendez-vous de 1995 et 2002 par ces thématiques pernicieuses, car fielleusement posées, que sont l’immigration, l’insécurité et les violences urbaines. Ils furent ensuite pris à partie par les mêmes charges lors des scrutins de 2007 et 2012, des offensives enrichies de deux poussées virulentes : l’identité nationale et l’islam. Depuis le scrutin de 2017 enfin, ils sont mis en cause à travers ce concentré au demeurant inassimilable constitué d’immigration, d’insécurité, de terrorisme, d’identité nationale et de grand remplacement. La séquence actuelle les piétine d’autant plus sans ménagement que les haines recuites portées à leur endroit par cet assemblage identitaire formé de l’extrême droite frontiste et des mélancoliques de la France du bonheur des bourgs et des villages, idéalisée entre autres par l’ancien éditorialiste du Figaro Magazine, Éric Zemmour, et les « théoriciens » du grand remplacement, ont fini par convaincre cette frange de l’opinion éduquée par les chaînes d’« information » en continu de la validité de la thèse conspirationniste, longtemps défendue par le seul Renaud Camus, d’une substitution en cours de la France des « Français de souche » par la république du métissage.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Hacène Belmessous

Chercheur indépendant, il a récemment publié Les laboratoires de la haine (Demopolis, 2019).

Dans le même numéro

Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.