Emmanuel Mounier (1905-1950), philosophe français, fondateur de la revue « Esprit », en 1932 · Crédit : © Roger-Viollet
Emmanuel Mounier (1905-1950), philosophe français, fondateur de la revue "Esprit", en 1932 · Crédit : © Roger-Viollet

Le personnalisme est-il vraiment mort ?

S’il n’existe plus en tant que mouvement intellectuel constitué et identifiable, le personnalisme n’a pas cessé pour autant d’irriguer la société civile. Revenir sur ses conditions d’émergence permet ici de réaffirmer le rôle fondamental, pour toute personne, d’une communauté vivante dans laquelle s’épanouir.


Le titre de cet article évidemment provocateur fait écho au titre non moins provocateur du célèbre article de Paul Ricœur, intitulé « Meurt le personnalisme, revient la personne », publié dans Esprit en janvier 19831. Ricœur y constate que le « personnalisme », en tant que philosophie constituée, n’a plus le même poids pour les jeunes générations que les grands systèmes en vogue (marxisme et phénoménologie, en particulier). Il propose alors de réévaluer le fondement du personnalisme, à savoir la personne en tant qu’attitude face à la vie. Et il ne fait au fond que reprendre le projet d’Emmanuel Mounier (1905-1950) des années 1930, dans la mesure où, pour celui-ci, l’« isme » associé à la « personne » était un pis-aller, tout mouvement « révolutionnaire » au xxe siècle devant s’authentifier au moyen de ce suffixe.

Une philosophie de l’action

Certains en ont voulu – et en veulent encore – à Ricœur d’avoir mis ainsi cartes sur table. Mais, que cela nous plaise ou non, tel est le destin de tout mouvement de pensée. Qui se présente aujourd’hui comme « marxiste-léniniste » ? Presque plus personne. Qui se présente comme « existentialiste » ? Plus personne. Qui se présente comme « structuraliste » ? Plus personne. Pour autant, ce qui unit ces courants de pensée, c’est qu’ils découlent d’une anthropologie, d’une conception de l’être humain. Le « personnalisme communautaire », la praxis inventée par Mounier, a touché de très nombreux domaines.

Le secteur éducatif, d’abord, de l’enseignement primaire au secondaire, en particulier les éducateurs chrétiens de l’enseignement public, puis, après-guerre, une partie non négligeable des éducateurs de l’enseignement catholique. Les milieux syndicaux réformistes : CFTC et CFDT. Les sphères journalistiques telles qu’elles se sont exprimées dans Esprit, Le Voltigeur et, après-guerre, dans Le Monde, La Vie, Télérama, Ouest-France, pour ne parler que de périodiques ayant perduré. Les cercles missionnaires catholiques et protestants, rattachés à la « théologie pratique » et à la « théologie de la libération ». Les militants engagés dans la décolonisation, puis dans l’aide au tiers-monde. Les cercles impliqués dans la formation humaine (notamment dans le domaine de l’aide à la recherche d’emploi et de logement décent, ainsi que dans la création d’entreprises alternatives). Le domaine du soutien psychologique, notamment auprès des enfants. Les organismes mutualistes, dans une ligne autogestionnaire. Les milieux impliqués dans la politique locale : maires, députés, sénateurs, fonctionnaires locaux (ligne du Parti socialiste unifié [PSU], centre gauche de Michel Rocard et ligne démocrate-chrétienne, centre droit de François Bayrou). Les hauts fonctionnaires engagés dans le fédéralisme européen (comme Jacques Delors). Les mouvements de jeunesse comme le scoutisme. Les associations d’éducation populaire comme La Vie Nouvelle ou Poursuivre. Enfin, le tourisme social, par le biais des associations liées à Villages Vacances Familles.

Ajoutons que le personnalisme communautaire a eu un impact considérable sur les mêmes cercles que les précédents dans des pays comme la Belgique, le Canada, la Suisse, l’Italie, puis, après-guerre, la Pologne (Solidarnosc), l’Espagne, le Portugal, l’Afrique francophone et l’Amérique latine.

Si le personnalisme peut paraître obsolète en France, c’est précisément parce que les personnes qui en ont tiré ou qui en tirent parti sont des hommes et des femmes d’action, pragmatiques, qui n’ont guère le temps d’écrire, d’enseigner ou d’intervenir dans les médias, et dont la pensée s’inscrit d’abord au sein d’une action collective, concrète, à court ou moyen terme. Mais il y a plus important qui explique, sinon justifie, cette apparente « mort » : le personnalisme est conçu pour être oublié2. Il ne forme pas un système, il ne se referme jamais sur lui-même, il n’a pas pour finalité d’être un objet d’étude ni de nourrir des lendemains qui chantent. C’est typiquement une philosophie de l’action, une philosophie oblative. Et toute action, pour exister et durer, a besoin de s’incarner en des institutions aussi variées que celles plus haut mentionnées. Le souci légitime de la continuité du fruit de leurs actions empêche souvent ces personnes engagées de revenir en arrière, et cela est encore plus vrai après la disparition des fondateurs.

Si le personnalisme a pu donc paraître obsolète, c’est parce qu’il allait le plus souvent de pair avec l’engagement politique. Or, à la victoire de la gauche en 1981, à ce que beaucoup considérèrent comme le triomphe de la politique, succéda presque aussitôt (paradoxalement ?) un désenchantement du politique3 ; désenchantement d’une communauté possible, fin d’une croyance communautaire, fin d’une connaissance directement liée à l’action, fin d’une pensée engagée dans le monde, fin de la croyance que le monde pouvait être, comme disait Marx, « transformé ».

De la personne à l’individu

Or, mutatis mutandis, cette situation spirituelle, intellectuelle et politique – vide, désenchantée – est tout à fait similaire à celle où Mounier et sa génération se sont retrouvés dans les années 1920 et 1930. Selon Mounier, cette situation était avant tout la conséquence du divorce entre l’esprit humain et le monde ou la matière, qui remontait à la Renaissance4. Il est vrai que, dès l’Antiquité, toute une école d’inspiration platonicienne ne faisait pas grand cas de la matière, mais avec l’incarnation de Dieu dans une nature qu’il avait lui-même créée, le christianisme a permis à l’humanité de maintenir pendant des siècles, année après année, des liens d’« amitié » avec ces biens communs que sont les éléments (l’eau, la terre et l’air). Depuis l’époque de Descartes, qui a fini par tout soumettre aux « pouvoirs mathématiques », la seule réalité digne d’intérêt devait être quantifiée et mesurable.

L’impact a été si fort, toujours selon Mounier, que l’Occident a eu tendance à ne vivre qu’au rythme des événements considérés comme importants, autrement dit au rythme des inventions scientifiques et techniques dont le caractère objectif leur conférait – et leur confère encore largement – une blancheur immaculée, nécessairement vertueuse… Comment s’étonner alors qu’au fil des siècles, notre sensibilité soit devenue quantité négligeable pour l’usage de la raison, et que notre langage se soit stéréotypé et standardisé ? Comme beaucoup d’autres, Mounier a été influencé par le récit de Georges Duhamel sur son voyage aux États-Unis en 1930, à partir duquel il écrivit Scènes de la vie future, avec sa description des effroyables abattoirs de Chicago, des ravages causés par le tout cinéma (aujourd’hui appelé « société du spectacle »), le tout publicitaire (aujourd’hui appelé « tout marketing ») et le tout automobile5.

La notion de « personne » liée aux êtres divins qui composent la Trinité et, par conséquent, aux êtres humains créés à l’image de Dieu, n’a pu que céder la place, à partir du xviie siècle, à la notion d’« individu » liée principalement à des classifications logiques, physiques et, surtout, biologiques. L’individu se prête à toutes sortes de hiérarchies, de typologies, de spécifications, bref à des déterminations sur lesquelles la sociologie et la psychologie positivistes ont prospéré depuis le xixe siècle. L’individu est avant tout ce qui nous distingue des autres, ce qui nous divise et nous subdivise. La personne, en revanche, est irréductible à toute fixation : elle est avant tout ce qui nous rassemble, ce qui nous met en contact et en relation avec les autres. Cette réduction de la personne à l’individu a donné lieu à trois grands événements dont Mounier fut le témoin.

D’abord, l’assimilation des hommes à des numéros d’enregistrement militaire pour être envoyés en masse dans ces autres abattoirs que furent les guerres de tranchées de 1914-1918. Mounier était alors encore enfant et se trouvait loin du front (à Grenoble) mais, comme tout le monde, il a pu constater les conséquences désastreuses de ces guerres pour ceux qui revenaient et pour les familles en deuil. Ensuite, la dépendance des économies nationales à la Bourse, incarnation même de l’expression individualiste, esclave de la loterie des chiffres. Le krach d’octobre 1929, qui a plongé dans la misère des millions de personnes, non seulement aux États-Unis mais aussi en Europe, notamment en Allemagne, déjà très endettée, a été pour Mounier l’événement décisif qui l’a amené à repenser le bien commun de fond en comble. Enfin, l’imposition par le « prolétariat » d’une dictature qui niait toute existence à l’individu et qui, pour créer des « hommes nouveaux », tendait à robotiser les « camarades » afin qu’ils soient gouvernés par un seul cerveau, celui du Parti unique avec des dirigeants faisant l’objet d’un culte de la personnalité. Plus la moindre place pour la conscience personnelle ou le libre arbitre. Mounier fut un des premiers intellectuels à mettre sur un pied d’égalité les fascismes soviétique, italien et allemand, car même si leurs bases idéologiques apparaissaient fort différentes, les trois conduisaient à la même politique totalitaire, à l’État-Dieu.

Interpréter la réalité

Pour appréhender et comprendre ces événements, de quelles ressources la génération de Mounier disposait-elle dans l’après-guerre ? Je répondrai en utilisant les catégories des degrés de communauté de Mounier lui-même, plus ou moins influencées par les variantes du solidarisme de Max Scheler, mais avec de nombreuses nuances et un vocabulaire propre, typiquement français.

Le premier « recours » était le spiritualisme, forgé contre le positivisme et le matérialisme, et correspondant au mouvement qui allait de Victor Cousin à Émile Boutroux, de Félix Ravaisson à Jules Lachelier. Ces philosophies, qui ont d’abord dialogué avec Descartes et Malebranche, ont poursuivi un dialogue éclectique avec Kant et Hegel. Cette tendance correspond à ce que Mounier appelait la « société des esprits », qui tentait d’atteindre une pensée impersonnelle en se prévalant de l’« Esprit » au sens le plus vague du terme. Comme le disait Mounier : « Lorsqu’une idée, même vraie, devient une “idée générale”, elle tombe dans le jeu des forces interchangeables6. »

Le deuxième « recours » était le positivisme, qui trouvait son expression aboutie dans les travaux de Gustave Le Bon sur la « psychologie des foules » et dans la conceptualisation d’une « conscience collective » chez Émile Durkheim. Or, considérer ainsi l’être humain à l’aune de la foule est le comble de la dépersonnalisation, de l’être « sans passé, sans lien, sans famille, sans milieu, sans vocation ». Mounier ajoutait que « c’est le symbole mathématique préparé pour les jeux inhumains7 ». C’est la tyrannie de l’anonyme, l’anarchisme nihilisant (tendance Kropotkine) ne faisant qu’alimenter la tyrannie. Cette tendance se résume dans le sujet neutre, le on, traduction du das Man de Heidegger. Et c’est à cette même époque que le das Man prit les habits neufs de l’Homme nouveau, au point de tenir lieu d’idéal pour les marxistes, et d’être assumé comme un impersonnalisme, comme « la dictature impersonnelle du prolétariat8 ».

De manière apparemment paradoxale, parallèlement à la société en tant que masse, Mounier attira également l’attention sur la société en tant que patrie. Mounier avait neuf ans lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté et treize lorsqu’elle s’est achevée – du moins officiellement, car, pour les « poilus », la guerre perdurait dans leurs corps estropiés, gazés, leurs esprits traumatisés. Les hommes ayant entre dix et trente ans de plus que Mounier, d’une manière ou d’une autre, n’en revinrent jamais. Et ceux-là mêmes qui avaient encouragé la guerre profitèrent avec cynisme de ce vide générationnel pour réinvestir le pouvoir exécutif, avec un patriotisme ravivé par la victoire de 1918.

Mounier appelait cette société la « société en nous autres ». Formule utilisée pour désigner le sentiment d’appartenance quasi fétichiste à sa nation, sa région, son département, sa ville, son village, et le sentiment de différence radicale avec une autre nation, une autre région. Quand on en fait une idéologie, on ne peut qu’exacerber les différences. Pour Mounier, cette idéologie naît sur les décombres des démocraties fatiguées, épuisées, au moment où la dépersonnalisation et l’anarchie atteignent un tel paroxysme qu’il semble n’y avoir plus d’autre remède que d’aspirer à un Sauveur, un Duce, un Führer, un Caudillo, un « petit père des peuples », un « grand-père de la nation ». De là sont nés et naissent les fascismes, sous le prétexte premier d’établir l’ordre, de protéger les nôtres ou ceux supposés tels.

Le dernier modèle en vigueur à l’époque de Mounier était la « société juridique contractuelle », héritière de la conjonction au xviiie siècle des « légistes » et du « monde de l’argent », qui sera appelée un peu plus tard « bourgeoisie » et qualifiée de « capitaliste ». C’est un monde où tout s’achète et se vend (même les êtres humains) avec des contrats qui peuvent être réécrits, reformulés, élargis et annulés à tout moment avec de l’argent et de bons avocats. C’est un monde dont le panthéon est la Bourse, où l’on peut jouer n’importe quelle entreprise, n’importe quelle vie, en les réduisant à des chiffres comme à la loterie. L’une de ses conséquences fut le krach de Wall Street de 1929 (déjà mentionné), source de la prise de conscience de l’importance, pour Mounier et sa génération, d’enclencher une « révolution personnaliste communautaire ».

Construire la communauté

Devant la faillite des élites financières en 1929, face à une Assemblée nationale corrompue (qu’on songe aux événements de février 1934), Mounier et ses amis tentèrent de relégitimer la démocratie à travers la revue et le mouvement Esprit, entendus comme des communautés, des médiations, des laboratoires de réflexion et d’action auto-gérés9.

En effet, selon Mounier, notre vocation est de créer une communauté, c’est-à-dire de revenir à notre vraie nature – c’est là que réside le sens du personnalisme : une communauté de personnes, ce que Mounier appelait une « personne de personnes ». Le quant-à-soi, l’individualisme, voilà l’artifice : aucun d’entre nous n’est, ni n’a jamais été, au sens strict du terme, seul. Dès l’instant où nous avons plongé pour la première fois dans le liquide amniotique, chacun d’entre nous est devenu un bien commun. Toute une communauté, dont nous n’avons parfois ni souvenir ni idée, nous a entourés la plupart du temps de ses soins et, n’en doutons pas, une autre communauté nous en prodiguera autant à l’heure de notre mort. Entre-temps, nous passons de main en main jusqu’à ce que, à l’âge adulte, nous nous prenions en main et prenions autrui par la main, pleinement conscients de nous-mêmes et, selon Mounier, « habitués à voir tous les problèmes non pas du point de vue des autres, mais du point de vue du bien commun10 ».

C’est là que réside le sens du personnalisme : une communauté de personnes.

Car il ne suffit pas de devenir une personne ; il faut apprendre à considérer les autres, nos prochains, comme des personnes à part entière : non seulement ressentir leur présence en nous, mais valoriser leur capacité à sortir d’eux-mêmes, à mettre de côté leur ego et à rechercher la meilleure compagnie qui soit : la communauté des vivants. Ne regarder que soi-même, ne valoriser que son propre moi et, en miroir, celui des autres, c’est agir comme si nous nous appartenions à nous-mêmes, comme si chacun d’entre nous était une propriété à conserver à notre guise, sui generis, indépendamment de la société. Face à cette myopie vers laquelle tout nous conduit aujourd’hui, Mounier nous répète sans cesse ce que nous devrions considérer comme acquis après tant de catastrophes : « Ce n’est pas le moi, c’est le nous qui est primordial ; l’homme ne se donne pas dans la solitude, mais dans l’amitié11. »

  • 1. Article repris dans Paul Ricœur, Lectures 2. La contrée des philosophes, Paris, Seuil, 1999, p. 195-202. Une première version, intitulée « Mounier philosophe », était parue dans les actes du colloque de Dourdan organisé par l’Association des Amis d’Emmanuel Mounier du 30 octobre au 1er novembre 1982 (voir Paul Fraisse [sous la dir. de], Le Personnalisme d’Emmanuel Mounier, hier et demain. Pour un cinquantenaire, Paris, Seuil, 1985, p. 219-230). Signalons qu’il reviendra encore sur cette question dans un autre article intitulé « Approches de la personne » (Esprit, mars-avril 1990 ; rééd. Lectures 2, op. cit., p. 203-221) et dans une intervention à la table ronde de Châtenay-Malabry du 30 novembre 1990, reproduite dans le no 7 des Cahiers Mounier, mars 2026, p. 55-56 et 71-73.
  • 2. Voir Emmanuel Mounier, « Révolution personnaliste », Esprit, décembre 1934 ; repris dans Révolution personnaliste et communautaire (1935), puis dans Œuvres, t. I, Paris, Seuil, 1961, p. 178-179.
  • 3. Ce sont les années où paraissent L’Ère du vide. Essai sur l’individualisme contemporain (Gallimard, 1983) de Gilles Lipovetsky et Le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion (Gallimard, 1985) de Marcel Gauchet.
  • 4. Voir E. Mounier, « Refaire la Renaissance », Esprit, octobre 1932 ; repris dans Révolution personnaliste et communautaire (1935), puis dans Œuvres, t. I, op. cit., p. 153-157. Voir aussi du même auteur, « Le conflit de l’anthropocentrisme et du théocentrisme dans la philosophie de Descartes » (1927), Œuvres complètes, t. I, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2020, p. 631-636.
  • 5. Voir E. Mounier, « Défense de la civilisation », Revue de culture générale, 20 octobre 1930, repris dans Œuvres complètes, t. I, op. cit., p. 255-260.
  • 6. E. Mounier, « Révolution communautaire », Esprit, janvier 1935 ; repris dans Révolution personnaliste et communautaire (1935), puis dans Œuvres, t. I, op. cit., p. 201.
  • 7. Ibid., p. 197.
  • 8. Charles Péguy, « Compte rendu de mandat » (24 avril 1901), dans Œuvres en prose complètes, t. I, Paris, Gallimard, 1987, p. 750.
  • 9. Une de ses principales boussoles en la matière furent ces paroles de Charles Péguy : « Quand un parti n’a pas eu le courage de se conformer aux lois les plus simples de l’hygiène morale, quand il a renié la justice pour la faveur, la sincérité pour la complaisance, et la vérité pour l’unité factice, quand il abandonne la réalité des mœurs pour la vanité des phrases, quand il renie son idéal pour des manies politiques, il est inévitable que des empestements pourrissent les organes. / Travaillons : La révolution sociale sera morale, ou elle ne sera pas. », dans Cahiers de la Quinzaine, 4 avril 1901, dans Œuvres en prose complètes, t. I, op. cit., p. 728-729.
  • 10. E. Mounier, « Les directions spirituelles du mouvement “Esprit” » (1932), dans Œuvres complètes, t. I, op. cit., p. 435. Voir Yves Roullière, « Notre bien le plus commun : la personne », Christus, avril 2022, p. 62-68.
  • 11. E. Mounier, « Les directions spirituelles du mouvement “Esprit” », dans Œuvres complètes, op. cit., p. 435.