Daniel Lindenberg (1940-2018)
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Daniel Lindenberg (1940-2018)

Figure de la revue Esprit, Daniel Lindenberg écrit son premier article en 1989. Ses travaux de prédilection portaient sur l'histoire des idées politiques et les controverses intellectuelles. Son livre sur le Marxisme introuvable (Paris, Calmann-Lévi, 1975) a participé d'une relecture de la place du marxisme dans les idées politiques en France. Il a consacré de nombreuses études aux interférences et aux croisements entre visions religieuses et idées poitiques, notamment sur les messianismes séculiers (Destins marranes. L'identité juive en question, Paris, Hachette, 1998, rééd. coll. "Pluriel", 2004).

La controverse lancée par son ouvrage sur les "nouveaux réactionnaires" a montré un certain durcissement des positions et des clivages au sein de la pensée "antitotalitaire" (Le Rappel à l'ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Seuil / La République des idées, 2002).  Il a raconté son propre parcours intellectuel dans : Choses vues. Une éducation politique autour de 68, Paris, Bartillat, 2008.

La revue Esprit vous propose six de ses textes les plus marquants dans ses pages. 

En 2012, il remarque que les positions politiques de Simone Weil donnent lieu à des malentendus et des polémiques tant qu’on ne prend pas soin de les replacer dans les débats et les divisions de son temps. 

En 2008, il estime que la critique des institutions au moment de 68 ne peut être réduite à quelques slogans situationnistes. Elle découle d’un mouvement plus large, issu des années de guerre et de résistance où la violence de l’institution asilaire joue le rôle déclencheur. Mais la réflexion dépasse rapidement le cadre psychiatrique et médical, pour toucher l’école et plus généralement les dynamiques de groupe.

En 2006, il s'interroge : le bonapartisme est-il de retour dans la droite française ? En partant de la lecture des travaux historiques récents, souvent publiés à l’étranger, qui, au-delà de l’épopée napoléonienne, interrogent sur les conceptions politiques de Napoléon, on comprend l’ambivalence de la référence au bonapartisme dans notre culture politique. 

En 1998, l'historien s'intéresse au travail historique sur la fondation d'Israël en 1948, longtemps «mobilisé» par l'héroïsation des combattants sionistes. La parution en Israël d'études revenant sur l'histoire contemporaine de l'État hébreu nourrit un important débat public qui concerne plus largement le rapport critique à la Tradition et à la mémoire ritualisée. 

En 1994, à ceux qui croient toujours tout savoir ou qui ne connaissent que la succession des complots, l'historien réplique ici en triant le bon grain de l'ivraie.  A lire la production récente - d'inspiration journalistique ou historiographique - on est conduit à s'interroger sur les alliances difficiles de la mémoire et de l'histoire.

En 1991, l'historien des idées constate que les intellectuels français se sont battus comme d'habitude à coup de pétitions. Reste à comprendre pourquoi on a vu réapparaître de vieilles tendances et des passions anciennes. Comme si rien de nouveau ne s'était vraiment passé.

août/sept. 2012  -  Politique de Simone Weil
mai 2008  -  Une autre préhistoire de Mai 68 : les mouvements institutionnels
janvier 2006  -  Politique de Napoléon. Le bonapartisme existe-t-il ?
février 1999  -  L'histoire au service de la théologie? La querelle des historiens israéliens
novembre 1994  -  L'histoire de Vichy : avancées et reculs
juin 1991  -  Les intellectuels français, sans chagrin ni pitié