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Notes de lecture

Dans le même numéro

À vrai dire. Une conversation de Jean-Luc Marion avec Paul-François Paoli et Paroles données. Quarante entretiens 1987-2017 de Jean-Luc Marion, édition de Mathias Goy

décembre 2021

Ces deux ouvrages permettent de mieux appréhender la pensée foisonnante de l’académicien et philosophe Jean-Luc Marion. Le premier, À vrai dire, est un dialogue avec Paul-François Paoli. Il aborde, à travers le prisme biographique, quelques éléments phares de la pensée du philosophe. Le second, Paroles données, est un recueil de quarante entretiens, publiés dans différentes revues et soigneusement sélectionnés par Mathias Goy.

Le parti pris d’À vrai dire s’avère fructueux, car il faut reconnaître qu’il n’est pas aisé d’entrer dans l’univers philosophique de Marion, spécialiste de Descartes et de Heidegger et auteur d’une phénoménologie de la donation fine et complexe. Le dialogue a l’avantage de faire ressortir les grandes arêtes de son propos philosophique. Celui-ci passe par un itinéraire singulier, celui d’un jeune khâgneux devenu normalien – disciple de Jean Beaufret et de Ferdinand Alquié –, avant de gravir un à un les échelons de la Sorbonne jusqu’à obtenir la chaire de métaphysique précédemment occupée par Emmanuel Levinas, et d’enseigner, à la suite de Paul Ricœur, dans la prestigieuse université de Chicago.

À la manière d’un dialogue socratique, Paul-François Paoli soumet son interlocuteur à un véritable exercice de maïeutique. Les détails biographiques que Marion mentionne et commente – le choix de la philosophie plutôt que d’une autre discipline universitaire, la confrontation à la pensée de Heidegger, l’exploration de la

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions du Cerf, 2021
224 p. 20 €

Antoine Bellier

Journaliste et animateur des matinées de RCF national, Antoine Bellier est également éditeur chez Salvator.

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Un monde en sursis

Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.