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Notes de lecture

Dans le même numéro

Penser les génocides. Itinéraires de recherche Collectif

avril 2022

C’est à l’occasion de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse (2016-2018), présidée par Vincent Duclert, que celui-ci a conçu le projet d’interroger des historiens et des chercheurs en sciences sociales qui travaillent sur ces sujets, sur ce qui les y a conduits.

L’ouvrage en résultant recense une trentaine de témoignages, de qualité et d’intérêt inégaux. Parmi eux, celui, remarquable, de l’historien spécialiste du nazisme, Johann Chapoutot. Celui-ci souligne, en préambule de son intervention, que « nul n’est historien innocemment et personne ne pratique des recherches sur un sujet précis par hasard ». Et que s’agissant des génocides et des crimes de masse, « l’historien est confronté à une sorte d’aporie : on ne cesse de lui demander pourquoi diable il travaille sur des abominations. […] Tenter d’y répondre et raconter le cheminement vers l’horreur, donc se raconter, peut apparaître d’une indécence peu commune : ainsi on parlerait de soi quand la quasi-totalité des victimes n’a pu émettre un mot, ni laisser une trace ? » En effet, c’est bien ce qui embarrasse, lorsqu’on referme cet ouvrage : la tentation de certains de se contenter de se raconter, plutôt que d’également « penser les génocides » – comme l’intitulé du projet les y invite au premier chef – auxquels leur itinéraire de chercheur les a menés. On regrettera avec Joël Kotek, qui rappelle l’in

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
CNRS Éditions, 2021
350 p. 25 €

Bénédicte Chesnelong

Bénédicte Chesnelong est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit des affaires et droit pénal international. Ayant commencé sa carrière dans le cabinet de Robert Badinter, elle a par la suite travaillé pour la Commission environnement du Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, notamment comme chargée de mission au Kosovo.…

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En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.