Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Idéologie et théories raciales. De la crise averroïste au grand remplacement d'Abdelkrim Bouhout

novembre 2021

Abdelkrim Bouhout distingue la xénophobie des théories raciales. Alors que la première rejette l’autre par commodité d’instinct, les secondes génèrent une « raciologie » avec son cortège de méthodes et techniques scientifiques. Pourquoi les théories raciales ont-elles été rationalisées en Europe ? Aux côtés de Taine et de Maurras, l’auteur fait de Renan, lecteur et fin connaisseur d’Averroès, l’une des figures majeures de l’idéologie dépuratoire, qui théorise le génie sémitique et indo-européen au détour de la philologie comparée, et vulgarise des théories raciales jusqu’alors réservées aux sphères savantes. Mais la crise averroïste, c’est-à-dire l’offensive de la scolastique contre l’aristotélisme arabe, est le véritable début d’une histoire des idées réactionnaires. Les théories raciales rationalisées en Europe au xixe siècle s’inscrivent en effet dans la continuité d’une longue tradition d’épuration des savoirs gréco-arabes, que l’auteur appelle « idéologie dépuratoire ». L’auteur en identifie trois lois : « loi de régression », rattachant tous les récits à une pensée réactionnaire ; « loi de décadence », dérivée d’une lecture pessimiste, voire eschatologique de l’histoire ; « loi de régénération du dépuré », soit la tentative de revitalisation d’un passé idéal en le dépurant du présent décadent. L’examen de l’offensive réactionnaire de Maurras et de l’Action française permet de les i

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
L’Harmattan, 2021
328 p. 33 €

Brahim Labari

Brahim Labari est enseignant-chercheur en sociologie à l’Université Ibn Zohr à Agadir au Maroc. Il est associé au laboratoire CNRS « Genre, Travail et Mobilités » des Universités Paris 10 et Paris 8. Il s'intéresse particulièrement aux problématiques du genre, du travail et de la mobilité socio-spatiale.

Dans le même numéro

L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.