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Notes de lecture

Dans le même numéro

Les frémissements du monde d’Andrew Solomon

Reportages (1988-2017) Trad. par Christine Vivier

janv./févr. 2022

Malgré la réputation de l’auteur, « journaliste et psychologue », on ouvre avec quelque appréhension un livre qui contient un choix de reportages réalisés durant vingt-cinq ans, dans des pays dont l’histoire, en général violente, a défrayé la chronique internationale durant des mois, voire des années. Que peut-il nous apprendre de plus ? La réponse est qu’il nous en apprend beaucoup et que le récit de reportage apparaît comme un complément indispensable de l’analyse politique pour comprendre ce qui s’est passé, en particulier après des événements tragiques. C’est le cas des reportages sur la Russie après 1989, de la Chine après Tienanmen, de l’Afrique du Sud après la fin de l’apartheid, du Rwanda après le génocide des Tutsi, de l’Afghanistan après le départ des talibans en 2002, de la Libye après Khadafi, de la Birmanie revenue à la démocratie en 2013 avec Aung San Suu Kyi… Ce n’est pas que ces récits soient idylliques sur des moments d’après-crise – on sait aussi maintenant comment, dans la plupart de ces pays, les printemps démocratiques ont été brisés par des reprises autoritaires, voire totalitaires –, mais le récit parvient à exprimer des traits culturels, des mœurs, des subjectivités, des empathies, des répulsions et même des haines qu’on n’avait pas perçues ou qu’on avait minimisées. Les artistes, qui avaient continué dans les temps sombres leur travail de création et de sape (en URSS ou en Chine), ne sont pas oubliés. L’auteur raconte aussi des vo

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Fayard, 2020
600 p. 28 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle et de la place du…

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.