Notes de lecture

Dans le même numéro

Philosophie du marcheur. Essai sur la marchabilité en ville de Jérémy Gaubert

juin 2021

L’ouvrage de Jérémy Gaubert est surtout centré sur la marche en ville, et sur la marchabilité, qu’il définit comme une « puissance d’ouverture à l’existence » et qu’il interroge dans le contexte de ce qu’il nomme le « ménagement du lieu » en développant « une éthique et une esthétique pour l’habitabilité des lieux ». Il s’attache à donner au fait de marcher toute l’épaisseur d’une expérience qui transforme le piéton tout en s’inscrivant dans des environnements plus ou moins propices. La marche est abordée ici dans une recherche de l’incidence concrète de son déploiement heureux dans l’espace urbain. J. Gaubert convoque en ce sens, avec une solide connaissance de la littérature, non seulement l’anthropologie ou la philosophie, mais aussi les disciplines de l’aménagement : géographie, urbanisme, architecture et paysage. Marcher est une modalité d’appropriation des territoires de prime abord coulée dans l’évidence, mais dont Jérémy Gaubert montre l’infinie complexité, irréductible aux seuls déplacements. Il regrette que souvent les études sur les mobilités dans l’espace urbain se limitent à une pure gestion des flux piétonniers. Or un marcheur urbain n’est pas seulement une unité de circulation, mais un homme ou une femme, un enfant ou une personne âgée, en résonance ou non avec l’environnement. Il s’agit d’habiter les lieux et non seulement de les traverser dans le seul souci d’un trajet. Immersion dans le monde par sens et affect

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Terre urbaine, 2021
250 p. 19 €

David Le Breton

David Le Breton est professeur à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France et chercheur au laboratoire Dynamiques Européennes. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Disparaître de soi : une tentation contemporaine (2015).

Dans le même numéro

Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague  » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.