Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Rire pour réparer le monde de Freddy Raphaël

L’humour des Juifs d’Alsace et de Lorraine

janv./févr. 2022

Professeur honoraire de sociologie à l’université de Strasbourg où il a marqué des générations d’étudiants, Freddy Raphaël est notamment connu pour ses travaux anthropologiques sur l’histoire et la culture des Juifs d’Alsace et de Lorraine. Il parle en ce sens de ce qu’il a bien connu à travers son enfance. Il a grandi dans la connaissance du judéo-alsacien, et il a souvent entendu ces moshelish, ces petites histoires drôles que racontaient les Juifs des campagnes alsaciennes et lorraines et qui parlent des difficultés de la vie quotidienne, des querelles de voisinage, des jalousies. Ces histoires qui mettent en scène des personnages truculents comme le shnorer, le mendiant qui regarde de haut ceux qu’il croise, le shadshen, le marieur qui réussit avec talent à faire prendre des vessies pour des lanternes, ou le shlemil, qui attire tous les malheurs. Ces personnages ont disparu, de même pour une part que le judéo-alsacien, mais les histoires sont universelles et continuent à susciter le rire par leur débrouillardise, leur capacité à renverser le malheur en chance. Et Freddy Raphaël, dont tous ceux qui le connaissent n’ignorent pas qu’il a toujours quelque histoire drôle pour détendre l’atmosphère, propose dans ce bel ouvrage une anthropologie rieuse, légère et savante de cet humour, alliant le local et le global. Il évoque avec amitié le petit monde des marchands de vaches et de chevaux, de chèvres et de moutons, des bouchers qui arpenta

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
La Nuée Bleue, 2021
132 p. 22 €

David Le Breton

David Le Breton est professeur à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France et chercheur au laboratoire Dynamiques Européennes. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Disparaître de soi : une tentation contemporaine (2015).

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.