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Notes de lecture

Dans le même numéro

Guerres invisibles. Nos prochains défis géopolitiques de Thomas Gomart

juil./août 2021

La crise de la Covid-19 accélère la bascule de l’économie mondiale au bénéfice des plateformes numériques et hâte ainsi une recomposition de la hiérarchie des puissances.

 

Le dernier ouvrage du directeur de l’Institut français des relations internationales peut se lire comme une réponse à La Guerre hors limites (1999) de Qiao Liang et Wang Xiangsui. Ces deux officiers chinois s’interrogeaient : « Une seule attaque de hacker compte-t-elle pour un acte hostile ? L’emploi d’instruments financiers pour détruire l’économie d’un pays peut-il être considéré comme une bataille ? », avant d’écrire que « toutes ces actions non guerrières pourraient être les nouveaux facteurs constitutifs des guerres futures ». Nous y sommes.

Vingt ans après la parution de ce livre, la Chine a ravi à l’Union européenne sa place de numéro 2 sur la scène internationale, tout en continuant à convoiter celle de numéro 1. Cela s’explique par sa propre détermination, le comportement erratique des États-Unis et la naïveté des Européens, qui ont fini par croire leur propre discours sur la mondialisation, présentée comme une interdépendance irréversible entre sociétés. Or la mondialisation, c’est aussi la compétition à laquelle se livrent les puissances. À l’échelle globale, les modèles de gouvernement, de consommation et de comportement sont mis en concurrence par la propagation technologique et la dégradation de l’environnement. Les rivalités géoéconomiques, définies comme le recours aux outils économiques pour promouvoir et défendre les intérêts nationaux, gagneront sans doute en intensité.

La crise de la Covid-19 accélère la

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Tallandier, 2021
317 p. 20 €

Eugène Berg

Eugène Berg, né le 23 septembre 1945, est un essayiste et diplomate français. Spécialiste de la Russie et du Pacifique, il a notamment publié Non-alignement et nouvel ordre mondial (1980).

Dans le même numéro

Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.