Notes de lecture

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La place des femmes. Une difficile conquête de l’espace public de Michelle Perrot

avril 2021

Une nouvelle version de Femmes publiques (Textuel, 1997) prend « la mesure de ce qui a changé depuis lors dans les rapports public/privé à laune du genre ». L’enquête sur l’espace public des femmes s’articule comme un dialogue avec le journaliste et professeur d’histoire Jean Lebrun, qui ne porte pas tant sur l’écrit que sur l’iconographie, laissant de magnifiques photographies, estampes et illustrations dévoiler la place des femmes à Paris aux xixe et xxe siècles. Chaque image constitue une occasion de se recueillir dans le cours de la réflexion, sur un sourire, un geste, un regard, avec Paris en fond où, à l’instar des villes grecques de Pythagore, « une femme en public est toujours déplacée ». En effet, les femmes, comme la Ménade de Scopas, sont associées au désordre, à une sensibilité instinctive qui va jusqu’à la menace. Le volume observe, depuis la Révolution française qui « fonde lespace public contemporain », l’histoire des femmes, sa progression et ses belles conquêtes vers l’émancipation. Au départ, les femmes ne circulent dans l’espace public que sous justification – là où les appellent leurs fonctions ménagères ou mondaines. Elles ne deviennent une véritable présence publique qu’à travers les tumultes du xixe siècle. « L

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Textuel, 2020
176 p. 39 €

Beatrice Latini

Béatrice Latini collabore avec la revue Esprit en tant que stagiaire depuis octobre 2020.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.