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Notes de lecture

Dans le même numéro

(Malin) Génie du libéralisme

janv./févr. 2021

Le dernier livre de Jean-Claude Monod propose une lecture nuancée, à la fois critique et héritière, de l’œuvre de Michel Foucault. Il interroge notamment la possibilité de créer de nouvelles puissances collectives face à la rationalité néolibérale.

Les Anciens dressaient volontiers aux carrefours un buste d’Hermès, protecteur du pérégrin perplexe. L’usage vaudrait d’être renouvelé pour faire portique à l’œuvre de Michel Foucault. Se présentent à nous en effet aussi bien un côté François Ewald qu’un côté Daniel Defert (et Jeannette Colombel). Ces chemins s’écartent-ils sans remède d’un « point d’hérésie » ? Et où situer ce dernier ?

La question mérite – exige même – d’être posée, car ces deux noms ornent jumeaux la couverture des Dits et écrits dont ils sont ensemble les éditeurs, alors que chacun est le coryphée de lignes d’interprétation de Foucault fort opposées. Pour faire bref, ce qui les divise, c’est la question de l’opérateur de saisie de l’« ontologie du présent » revendiquée comme tâche par Foucault : faut-il ou non l’indexer sur la résistance et la révolte ? À suivre Defert et Colombel, il est clair qu’il faut partir d’en bas.

Le nom de Foucault a du reste connu, tout au long de son œuvre, bien des vicissitudes. On s’est plusieurs fois demandé quel Foucault était le bon. Celui de la « pensée du dehors » ? L’« Autre » de Sartre, tueur honni ou couronné de l’humanisme et de l’histoire ? La réponse s’imposa à partir du Groupe d’information sur les prisons et du compagnonnage avec les maos : Foucault s’affirmait « gauchiste », plus tard pointé comme un des « irresponsables » responsables de la « pensée 68 ».

Alors que tout semblait clair, tout comme S

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2019
324 p. 20 €

Jean-Loup Thébaud

Jean-Loup Thébaud est philosophe, il a notamment travaillé sur Jan Patocka et Hans-Georg Gadamer. Il a publié une discussion avec Jean-François Lyotard, Au juste (Paris, Christian Bourgois, 2006).

Dans le même numéro

Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».