Notes de lecture

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Le Jeu des Ombres de Valère Novarina

janv./févr. 2021

Les enfers deviennent le lieu des métamorphoses dans le nouveau texte dramaturgique de Valère Novarina. En remontent Orphée, Eurydice, Cerbère, Charon, Hécate, Pluton et – ce qui est plus étonnant – Sosie, Flipote, les Machines à dire beaucoup, Robert Le Vigan, Michel Baudinat, Gaston Modot, Anne Wiazemski, Louis de Funès, Christine Fersen et Daniel Znyk. Qui sommes-nous, sinon des ombres qui tentent de soulever ce qui nous reste et de sortir du grand volcan du théâtre de la parole ? Le burlesque est là pour affronter la mort et fait sentir l’absurdité d’être non seulement parmi les autres mais aussi parmi les disparus, avec lesquels il s’agit de nouer joies et douleurs par les soupiraux de la langue. Novarina se fait confiance – du moins dans sa langue –, quitte à être dépossédé par ses personnages de sa matière créatrice. L’œuvre permet ainsi de se perdre et de se retrouver tant elle souligne le fait que signalait Giacometti dans ses Carnets : « J’ai toujours eu l’impression d’être un personnage vague, un peu flou, mal situé. » Le travail de Novarina est sans doute l’une des expériences les plus radicales du pouvoir du théâtre en ses moutonnements de matière verbale et syntaxique.

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P.O.L, 2020
272 p. 17 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature,  poète, critique littéraire et critique d'art contemporain il enseigne la communication à l’Université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, 

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».