Pour une écologie pirate. Et nous serons libres de Fatima Ouassak
Fatima Ouassak donne un nouveau souffle à l’écologie politique en lui ouvrant des perspectives peu abordées.
L’autrice propose une écologie des quartiers populaires, par les quartiers populaires, pour toutes « celles et ceux qui refusent l’injustice » et le système économico-politique à son origine. Son point de vue est celui d’une habitante de ces quartiers, d’une descendante de l’immigration et d’une mère inquiète du double étouffement des habitants et des enfants des quartiers. Celui du réchauffement climatique, qui a d’abord des conséquences sur ces derniers – relégués dans des zones polluées, surpeuplées et vides d’espaces naturels –, et celui de la pression sécuritaire et exploitatrice qui s’abat sur eux – relégués dans des emplois sous-payés, éloignés, souvent à temps partiel.
Sa revendication est que les habitants des quartiers populaires et leurs enfants, souvent descendants de l’immigration non blanche, soient considérés dans leur humanité, leur dignité et que soit donc reconnue, en particulier, leur égale liberté. L’autrice fait de la liberté de circuler la première de ces revendications : liberté de circuler (ou non) au sein des quartiers, en dehors d’eux (dans les « quartiers pavillonnaires », qui représentent l’ailleurs des couches privilégiées), entre les pays, pour maintenir le lien avec les familles ou pour chercher de meilleures conditions de vie sur une planète à maints endroits inhabitable. La Terre doit être véritablement un bien commun, non plus réservée à une élite qui l’aménage, la parcourt et dispose d’une partie de ses habitants.
Et ceci fonderait, pour elle, la possibilité d’une écologie réellement inclusive. Elle pourfend en effet l’« écologie bourgeoise » qui consiste à s’intéresser aux « quartiers » dans une visée électoraliste ou un élan paternaliste, consistant à éduquer de l’extérieur les habitants à l’écologie. Il s’agirait ainsi, pour l’« écologie pirate », de prendre véritablement en considération les aspirations à la liberté des habitants des quartiers : condition pour que toutes et tous s’impliquent dans la préservation d’une planète qui serait réellement un bien commun. Fatima Ouassak donne un nouveau souffle à l’écologie politique en lui ouvrant des perspectives peu abordées.