Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Aimé Césaire de Kora Véron

mai 2022

Voici enfin, vingt-trois ans après la mort du politicien-poète, la grande biographie attendue. Son autrice, Kora Véron, était particulièrement bien placée pour s’en charger puisque, coéditrice des Écrits d’Aimé Césaire. Biobibliographie commentée (Honoré Champion, 2013), elle a une connaissance exhaustive de tout ce que Césaire a pu écrire (articles, livres, poèmes épars) ou dire (discours ou entretiens). Né en 1913, décédé en 2008, Césaire a traversé tout le xxe siècle et assisté à la transformation de la Martinique, plus radicale encore qu’en Europe car partant d’un niveau de développement bien moindre. Cette transformation, il en fut également, volens nolens, l’acteur principal en tant que rapporteur de la loi de départementalisation (1946), député de 1945 à 1993, maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, conseiller général de 1946 à 1970, président du conseil régional de 1983 à 1988… Tout en poursuivant la tâche de poète entamée pendant qu’il était élève à la rue d’Ulm.

C’est de cette époque, juste avant la guerre, que date le Cahier d’un retour au pays natal (1939) qui, grâce en particulier à André Breton, résonnera comme un coup de tonnerre dans le champ littéraire. Les recueils qui suivront jusqu’à Moi, laminaire (1982) consolideront sa réputation de poète envoûtant, en dépit ou à cause d’une propension certaine à l’hermétisme.

Si K. Véron ne cache rien des diverses péripéties

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2021
864 p. 32 €

Michel Herland

Michel Herland est professeur honoraire des universités. Il dirige le journal en ligne Mondes francophones. Il est notamment l’auteur des Lettres sur la justice sociale à un ami de l'humanité (Le Manuscrit, 2006) et du roman La Mutine (Andersen, 2018).

Dans le même numéro

Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.