Notes de lecture

Dans le même numéro

Édouard Glissant. Déchiffrer le monde d'Aliocha Wald Lasowski

juil./août 2021

Dix ans après sa mort, Édouard Glissant est plus que jamais présent dans le champ éditorial, avec Édouard Glissant et « Le Discours antillais » (Institut du Tout-Monde, 2020), les deux premiers tomes de la trilogie de Loïc Céry, Édouard Glissant, une traversée de l’esclavage (Institut du Tout-Monde, 2020), la réédition des Manifestes de Glissant et de Patrick Chamoiseau (La Découverte, 2021). Le livre d’Aliocha Wald Lasowski s’avère décevant parce qu’il porte moins sur Glissant que sur des rapprochements qui peinent à convaincre (James Gray, Mati Diop, Abderrahmane Sissako, Kamala Harris…). Dans la section consacrée à Césaire, on regrette l’absence de remarques sur les réticences de Glissant à l’égard de la négritude de Césaire. Dans la section consacrée à Deleuze et Guattari, on conçoit bien l’intérêt des concepts de rhizome et de la liaison entre philosophie et poétique, ainsi que la connivence intellectuelle qui a pu exister entre les trois grands penseurs. Mais Glissant avait l’usage de bien d’autres clefs pour « déchiffrer le monde », y compris chez Héraclite, dont l’étude savante d’Alexandre Leu

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Bayard, 2021
300 p. 21 €

Michel Herland

Michel Herland est professeur des universités, aux Antilles, en Guyane et Martinique. Il dirige le journal en ligne Mondes francophones. Il est l’auteur du livre La Mutine, Andersen, 2018

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.