Notes de lecture

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Nous qui n'étions rien, de Madeleine Thien

janv./févr. 2019

À la fois fresque épique, saga familiale et éloge de la musique, ce roman ambitieux, rythmé par les Variations Goldberg de Bach, raconte, sur trois générations, soixante années de l’histoire récente de la Chine. À partir de la vie de jeunes artistes, le pianiste Jiang Kai, son professeur de composition Pinson et la jeune cousine de ce dernier, la violoniste Zhuli, qui étudiaient tous la musique classique occidentale au conservatoire de Shanghai jusqu’à sa fermeture violente en 1966, Madeleine Thien distille une réflexion sur la liberté, l’art, l’idéalisme, la révolution, l’amour et la quête identitaire dans un régime d’oppression.

À Vancouver, en décembre 1990, un an après le départ pour Hong Kong de son père, Jiang Kai, et son suicide, l’arrivée de Ai-ming, la fille de Pinson, dans la vie de la fillette Jian Li-ling au nom anglais de Marie Jiang, favorise la résurgence d’un passé caché ou occulté. La découverte de passions troubles et la révélation de compromissions de survie viennent se glisser dans la lecture du présent et bouleverser un équilibre déjà précaire, à l’image de ce mystérieux Livre des traces dont les chapitres apparaissent

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Phébus, 2019
512 p. 24 €

Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.