Royal National Theatre, Londres. Photo de David Samuel, wikimédia
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Théâtre et société : la scène londonienne

juil./août 2021

À Londres, si la fermeture des lieux culturels pendant la crise sanitaire a promu la scène en ligne, elle a également remis en avant la vocation sociale du théâtre.

Le théâtre, à travers l’émergence du dramaturge, les éléments artistiques qui accompagnent la mise en scène d’une pièce, les structures qui permettent sa représentation, son poids économique et enfin le public qui décide de le faire vivre, est dans un dialogue permanent avec la société de son époque. En est-il simplement le reflet, avec pour ambition première d’incarner ses enjeux, de contribuer à sa cohésion, d’assurer sa pérennité, ou sa mission n’est-elle pas de traquer ses erreurs, de sensibiliser à ses faiblesses, de révéler ses manques et ainsi de favoriser son évolution, de la réparer en quelque sorte ? La scène londonienne peut apporter un éclairage pertinent au jeu subtil, à l’interaction mouvante entre société et théâtre.

Cette scène théâtrale, au cœur de la création de langue anglaise, à l’influence démultipliée par le transfert vers le cinéma, notamment américain, de nombre de ses metteurs en scène et acteurs, se déploie, d’une salle imposante du secteur commercial du West End comme le London Palladium et ses 2 200 places à une pluralité de petits espaces, à l’image des 50 sièges du Finborough Theatre situé au-dessus d’un pub à Chelsea. Au-delà de rénovations importantes permettant une meilleure intégration dans le tissu local, de nouveaux espaces viennent s’inscrire dans le cadre de développements urbains, comme en 2017 le Bridge Theatre près du Tower Bridge, avec une capacité de 900 sièges ou, prévu pour 2025 à West Kensington, l’Olympia Theat

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Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.