Notes de lecture

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Les Écrits de Kracauer sur la propagande d'Olivier Agard

avril 2021

La 5e conférence Franz-Hessel sur l’histoire et l’actualité des relations culturelles franco-allemandes est consacrée aux écrits de Siegfried Kracauer sur la propagande nationale-socialiste, notamment au manuscrit datant de la fin des années 1930 sur « la propagande totalitaire ». La lecture qu’en propose Olivier Agard permet de situer Totalitäre Propaganda dans le contexte de la pensée critique dominante de la première moitié du xxe siècle et de la poétique du cinéma du théoricien proche de l’École de Francfort. La propagande apparaît comme l’outil incontournable de la politique nationale-socialiste, qui cherche en permanence à perpétuer sa propre existence en effaçant la réalité sociale. Le cinéma est le lieu du divertissement où se crée la pseudo-réalité qui permet de tromper l’ennui chez le spectateur, sentiment qui est le « grand ennemi de la propagande » puisqu’il peut mener à des tentations dangereuses, comme suivre les intérêts de classe. La vision fonctionnaliste de l’esthétique de la propagande fait peu de place aux contenus idéologiques parce que, selon Agard, les analyses de Kracauer visent la masse et non les intellectuels. L’auteur souligne le fait que, malgré le peu de connaissance de Kracauer sur le national-socialisme dans les années 1930, ses intuitions théoriques trouvent un terrain d’application favorable une fois qu’il est aux États-Unis dans les années 1940. Dans ses écrits de cett

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L’Éclat, 2019
120 p. 7 €

Umut Ungan

Doctorant en sciences sociales, Umut Ungan est affilié au Centre de Recherches sur les arts et le langage (CRAL) à L’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses travaux portent sur le discours critique et le statut de l’oeuvre dans l’art contemporain.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.