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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le Brexit. Une histoire anglaise d’Aurélien Antoine

janv./févr. 2022

Quelles leçons tirer du Brexit, alors qu’il semble isoler la Grande-Bretagne mais que l’un de ses instigateurs est encore Premier ministre ? Le juriste Aurélien Antoine propose un double constat en s’appuyant sur une connaissance précise du droit, de la vie politique et de l’histoire britanniques. D’abord, le Brexit n’est pas tout à fait une surprise pour un pays qui s’est toujours construit dans l’ouverture hors du continent et dont le ralliement européen a fait figure d’une exception, certes profitable aux deux côtés de la Manche. En descendant vers le juridique, l’auteur montre comment la tradition de common law a eu du mal à s’acclimater aux régulations bruxelloises, quand bien même elle y a paradoxalement installé un certain libéralisme, avec l’idéal de la rule of law et la conception de l’intervention publique dans l’économie (nourrissant au passage l’argumentaire des eurosceptiques continentaux). Si les élites – et déjà Churchill – s’intéressent à l’Europe dans les années 1970, c’est qu’elles comprennent que le Commonwealth ne présente pas de liens suffisamment forts pour faire tourner l’économie britannique face aux instabilités mondiales et que l’allié états-unien n’est pas toujours fiable, ce que les défenseurs contemporains de l’Empire ont fait mine d’oublier. Ensuite, la négociation chaotique de cette sortie inédite de l’Union européenne montre qu’elle n’avait jamais été vraiment pensée. Sans doute parce que les juristes, centraux dans l’organ

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Dalloz, 2020
440 p. 20 €

Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Matthieu Febvre-Issaly est spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.