Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Affiche en faveur d'une assemblée constituante lors des manifestations de novembre 2019 à Santiago au Chili. Photo : Warko via Wikimedia (CC BY-SA 4.0)
Flux d'actualités

Un peuple d’écrivains

L’enjeu principal de la nouvelle constitution chilienne est la définition des acteurs et des actrices politiques qui pourront œuvrer à ce travail commun. Mais, sans principe commun, la constitution pourra-t-elle dépasser la simple série d’intérêts particuliers ?

Il est désormais au Chili une nouvelle date qui fait loi et qu’on reconnaît déjà à son sigle : le 18-O, pour le 18 octobre 2019, c’est-à-dire le jour où, à Santiago du Chili, le mouvement social a pris une ampleur telle que les stations de métro ont dû fermer et que plusieurs ont été brûlées. Les propositions du gouvernement (baisse du prix du métro, hausse du salaire minimum) sont demeurées insuffisantes. Même la proposition de changer de constitution n’est pas parvenue à faire cesser la révolte. Certes, la Constitution en vigueur ayant été rédigée sous Pinochet, certains manifestants et citoyens ont accueilli cette proposition avec émotion. Beaucoup, toutefois, y sont restés indifférents, tandis que d’autres encore posaient des conditions : une constitution rédigée uniquement par les citoyens, dans des conditions paritaires, et qui inclue la participation des peuples indigènes. Comment entendre donc le projet de changer de constitution, approuvé par 80 % de la population en octobre 20201 ? Une nouvelle constitution mettra-t-elle fin au mouvement social ? Ou bien constitue-t-elle, pour les citoyens du Chili, une occasion inédite de redéfinir les termes du pacte social ?

D’un référendum à l’autre

En 1988, lors de la phase finale du régime militaire d’Auguste Pinochet, un référendum laissait aux citoyens le choix entre le maintien du régime militaire (vote « oui ») et la tenue d’électi

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Aïcha Liviana Messina

Professeure de philosophie à l’université Diego Portales au Chili, auteure de Poser me va si bien (P.O.L, 2005), Amour/Argent (Les éditions du Portiques, 2011), L’anarchie de la paix (Cnrs, à paraître en novembe 2018).