Mon hôte avec un ami © Dominique Sewane
Flux d'actualités

Limite et distance au Koutammakou

Au sortir de l’épreuve du confinement et dans la pénible obligation d’adopter des gestes d’évitement, les « riens » des Batammariba nous rappellent à quel point nous sommes vulnérables, combien la survie de l’humanité tient du miracle.

À mes questions sur leurs cérémonies, les maîtres du savoir du Koutammakou se bornaient à un « Regarde, écoute ! » et retournaient à leur pipe. C’était bien dans leur manière : mutisme à l’égard de l’étranger, refus de ses présents malgré un réel dénuement, projets de développement accueillis avec méfiance… Jusque dans les années 1990, et même au début des années 2000, ces montagnards de l’Atakora, situé au nord du Togo et du Bénin, ne voulaient dépendre de quiconque. L’attachement à leurs cérémonies, une maîtrise de soi associée à une humilité envers les forces de la nature dont ils s’estiment toujours les hôtes, sous réserve de se conformer à leurs règles : autant de signes d’un archaïsme rédhibitoire pour les « civilisés » du Sud. Leur détermination à refuser d’asservir comme d’être asservis – pas de chef dans cette société clanique – leur a longtemps valu la réputation d’insoumis, alors que leur vœu se limitait à ce qu’on les laissât en paix, après des siècles de lutte contre les royauté

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !