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D’un monde à l’autre. Récits de transition

juillet 2020

Dans les discours sur la pandémie de Covid-19, l’idée que le monde d’après devrait être radicalement différent du monde d’avant a prévalu. Quatre canevas anciens qui soutiennent les récits de transition d’un monde à l’autre ont été convoqués : l’eschatologie, la zone d’autonomie, le techno-progressisme et le Grand Soir.

Dans les moments de crise, l’espace médiatique se trouve saturé d’images, d’une part parce qu’un besoin d’intelligibilité inédit – qui réclame notamment des contenus iconographiques – se fait jour, d’autre part parce que les médias fonctionnent à plein régime pour nourrir cette demande. L’INA a par exemple mesuré un taux d’occupation des dépêches AFP par les sujets liés à la Covid-19 de près de 80 % entre le 15 mars et le 15 avril[1]. Reste que, si inflation des contenus il y a eu, peu d’images se sont imposées comme étant des représentations consensuelles de la crise.

Absence d’images

Les analyses traditionnelles des moments historiques et des représentations qu’ils suscitent rendent compte d’un étonnant paradoxe : en dépit de productions iconographiques pléthoriques, ce sont souvent les mêmes images que l’on retient et qui défilent en boucle dans les médias et sur les écrans. Le 11-Septembre constitue un cas d’école. L’historien de la photographie Clément Chéroux s’est appliqué à démontrer comment seulement quelques visions de l’événement avaien

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