Gravure : Jean-Jacques Rousseau. Crédit : Wellcome Library, London. Wellcome Images | CC BY 4.0
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Les droits de l’humanité par temps de crise

juil./août 2020

Notre besoin de sécurité s’est accru pendant le confinement, mais doit-il pour autant nous faire renoncer à nos libertés ? La conception rousseauiste des droits de l’humanité peut nous aider à penser la crise sanitaire que nous venons de traverser.

La crise du coronavirus pousse à un renversement des valeurs dans le sens d’une utilité publique au service de la satisfaction de nos besoins les plus essentiels. Ainsi, les droits humains doivent d’abord se concevoir comme ceux de tout individu d’être délivré du besoin et de la peur. Cependant, la sécurisation de nos vies ne saurait être opposée aux liens qui nous unissent. Les droits de l’humanité ne sont pas tant des droits individuels que la protection des attaches nécessaires à la vie en commun. C’est ce qu’un usage de la philosophie de Rousseau peut nous aider à penser.

Dans un «siècle de crises et de révolutions1» qui voyait naître les idées d’expansion économique et de profit mais aussi les valeurs démocratiques dont nous avons hérité, Rousseau faisait entendre une voix singulière, critiquant l’injustice d’une société où «une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire2», où ceux qui œuvrent au service de «

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Johanna Lenne-Cornuez

Agrégée et docteure en philosophie (Sorbonne Université), enseignante au lycée Louis Lapicque d'Épinal.

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.