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La Convention citoyenne, l’innocence au pouvoir ?

La Convention citoyenne pour le climat a rendu le 21 juin dernier ses propositions : au delà de l'évaluation de celles-ci sur le fond, il faut aussi revenir sur les attentes qui ont pu être formulées quant à cette forme  démocratique.

En octobre dernier était convoquée une Convention citoyenne pour le climat, composée de 150 citoyens tirés au sort, dans le sillage du Grand débat organisé par Emmanuel Macron en réponse aux Gilets jaunes. Elle a rendu, le 21 juin dernier, un certain nombre de propositions que l’exécutif sera libre de transposer plus ou moins fidèlement en droit. Il ne s’agit pas dans cet article d’évaluer l’intérêt de celles-ci, mais plutôt de revenir sur la forme même de la convention : car si celle-ci constitue une expérience démocratique précieuse, ses atouts sont moins univoques qu’il n’y paraît.

Election et expertise

La pratique des conventions citoyennes renvoie à une transformation profonde de la théorie démocratique qui, depuis plusieurs décennies, s’éloigne de la seule représentation ou de la démocratie directe pour intégrer des éléments participatifs ou délibératifs. Selon la terminologie désormais célèbre de Jürgen Habermas, la rationalité publique est conçue comme discursive, intersubjective et plurielle. Or, ce tournant délibératif manque à s’incarner dans une organisation des pouvoirs encore largement tributaire de la tripartition exécuti

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