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Flux d'actualités

Le mélodrame contre l’émancipation

À propos de Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier

novembre 2021

Le dernier film de Joachim Trier, Julie (en 12 chapitres), propose le portrait d’une génération, remarquablement interprété par Renate Reinsve, mais dont la portée critique demeure superficielle. La structure mélodramatique du récit enferme les personnages dans une subversion factice et un féminisme de posture, qui n’interroge jamais véritablement les logiques qu’il prétend pourtant mettre en scène.

Dans son dernier film, Joachim Trier montre la vie de jeune adulte de Julie (Renate Reinsve). La musique très présente, une voix off extérieure au récit (et féminine) et le découpage en chapitres confirment le retour du récit dans le cinéma contemporain. Julie fait une rencontre, puis rompt sa vie amoureuse avec Aksel (Anders Danielsen Lie) pour Eivind (Herbert Nordrum), avec qui elle tisse une seconde histoire en renouveau et en miroir. Trier montre avec talent les scènes du quotidien et les doutes dans les regards, ceux de Julie notamment – Renate Reinsve n’a pas obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine à Cannes pour rien. Elle construit un personnage fort et plein d’incertitudes, dont les émotions ne sont jamais une performance.

L’ambition du réalisateur norvégien est sans doute de cerner une génération, un type, même si son univers très stylisé n’a rien de naturaliste. Le film sert le mythe romantique de l’amour, dans lequel on tombe ou qui frappe comme la foudre : la forme narrative du film est celle de la romance. L’avantage est que le film en donne à voir une représentation caractéristique ; le problème est qu’il n’en propose aucune déconstruction, comme y appelle l’air du temps. Le propos que sert la belle machine de Trier interroge : entre la description des contradictions de l’époque et les lignes de fuite assez décevantes qui sont offertes aux personnages, largement enfermés dans le dispositif mélodramatique, le spectacle de l’émanc

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