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Recep Tayyip Erdoğan, Président du Parti de la justice et du développement (AKP), 9 octobre 2017. Photo de Mykhaylo Palinchak via StockLib.
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La stabilité turque en péril

août/sept. 2008

Une procédure judiciaire pourrait conduire à l’interdiction du parti au pouvoir (AKP) et à la destitution du Premier ministre et du président. Comment en est-on arrivé là ? Est-ce une reprise du conflit fondateur de la nation turque ? Et qu’adviendrait-il de l’identité politique de ce pays si un nouveau coup de force, judiciaire ou non, contredisait le choix des urnes ?

Étrange, déconcertante même, cette nouvelle parvenue de Turquie début avril : le parti au pouvoir, dont le leader, Premier ministre, dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, dont l’ex-numéro 2 est président de la République, dont l’état-major constitue le gouvernement qui a fait accomplir à la Turquie de très importantes réformes, la qualifiant comme candidate officielle à l’adhésion à l’Union européenne, ce parti, dont la doctrine est reconnue comme incarnant cet « islamisme modéré » qui peut faire pièce au « choc des civilisations », a fait l’objet d’un recours à fin de dissolution devant la Cour constitutionnelle de Turquie.

Il ne s’agit ni d’un accident ni d’une initiative folklorique : c’est le procureur général près la Cour supérieure d’appel (soit l’équivalent de notre Cour de cassation) qui a rédigé un réquisitoire de 150 pages et demande la dissolution du Parti de la justice et du développement (AKP). Ce parti constitue à ses yeux un foyer d’activités anticonstitutionnelles antilaïques. La requête recommande aussi que soient bannis de la vie politique pour cinq années le Premier ministre Tayyip Erdoğan, le président de la République Abdullah Gül, plusieurs ministres, et près de quarante députés de ce parti.

Plus étrange encore, peut-être : presque tout le monde en Turquie semble s’accorder sur l’issue, fatale, pour l’AKP. Selon un

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Alain Bockel

Universitaire, il a enseigné le droit public et les droits de l'homme dans plusieurs universités étrangères, dont Dakar (1971-1978) et Istanbul (1995-2005). Il a également exercé des fonctions diplomatiques au Vietnam, en Afrique du sud et en Palestine.

Ariane Bonzon

Journaliste, spécialiste de la Turquie où elle a été correspondante dix ans après avoir été en poste en Afrique du sud, en Israël et dans les territoires palestiniens. Elle est à l'initiative du Dialogue sur le tabou arménien d'Ahmet Insel et Michel Marian (Liana Levi, 2009), et s'intéresse et enseigne également les sorties de crise et processus de paix.…

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