Rien de personnel de Mahir Guven
Mahir Guven publie un récit de sa famille, dans lequel il revient sur le déracinement de son père kurde et d’une mère turque, et les périls de l’intégration.
Prix Goncourt du premier roman en 2018 pour Grand frère (Philippe Rey, 2017), Mahir Guven publie un récit de sa famille, dont « les racines s’éparpillent sur quelques milliers de kilomètres ». Au fil d’anecdotes, de récits d’enfance et de considérations politiques, l’auteur revient sur le déracinement de ses parents, et sur tous les périls de l’intégration : « Nous sommes devenus français malgré la nostalgie, malgré le rejet, malgré notre ignorance, malgré quelques accrocs. » Fils d’un père kurde et d’une mère turque, Mahir Guven explore un passé riche de traces et de blessures pour mettre en lumière la difficulté insoupçonnable d’habiter un pays dont on ne parle pas la langue, et où racisme ordinaire et discriminations font parfois obstacle. Sans commisération, il lance finalement un appel décisif à tous ceux qui lui ressemblent : « Il est peut-être temps que les enfants issus de l’immigration récente se réveillent, hurlent enfin leurs songes pour nourrir notre grand récit collectif et définir ce que nous voulons devenir, et créer un nouveau rêve français. »À partir de ce récit, Mahir Guven a donné naissance au « plus grand livre du monde », une installation colossale d’abord déposée au pied du Conseil constitutionnel, puis au Musée de l’histoire de l’immigration, avec une visée simple : donner à lire la vie d’une famille immigrée, et ouvrir la porte à d’autres récits, tus, minorés ou silencieux.