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Se définir par son cerveau. La biologie de l'esprit comme forme de vie

L’opposition entre neurosciences et sciences sociales est souvent caricaturale, et caricaturée. Or il faut considérer les neurosciences cognitives elles-mêmes comme faisant partie du social, donc soumises à ses influences. On le voit bien dans la manière dont certains patients – les autistes de haut niveau – se définissent en tant qu’individus par leur cerveau et ses spécificités. La maladie n’est plus un handicap, mais un atout, une part de soi.

La biologie de l’esprit comme forme de vie

En 1960, lors d’un colloque sur l’inconscient réunissant la crème de la psychiatrie et de la philosophie françaises, un psychiatre présente un rapport sur la conscience et l’inconscient dans la pensée neurobiologique, c’est-à-dire les sciences du cerveau, de la manière suivante :

C’est, je l’espère, avec un certain sourire que vous avez accueilli comme moi l’annonce […] d’un rapport sur la neurophysiologie de l’inconscient.

Envisageant plus loin dans son exposé l’apport des grands mouvements neurobiologiques de l’époque, il estimait :

[ils] aboutissent à la constitution d’une « neurométaphysique » de l’organisme ; […] ils réintroduisent la notion de sujet dans l’étude du fonctionnement cérébral1.

L’amusement de notre psychiatre à l’égard d’une neurobiologie du sujet humain suggè

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Alain Ehrenberg

Alain Ehrenberg développe le projet d'une sociologie de l'individu qui prenne en compte toutes les dimensions complexes de la question des relations sociales à l'âge de l'autonomie : rapport à soi et aux institutions, vie psychique et consommations psychotropes, course à la performance et vertige de la dépression. Il a publié récemment : La Société du malaise, Paris, Éditions Odile Jacob, 2010 et…

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