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Briser la chaîne d’impunité

entretien avec

Alexandre Tcherkassov

Le président du Centre de défense des droits de l’homme Memorial explique que la mission de l’association n’était pas seulement d’étudier le passé totalitaire, mais aussi d’éviter que ce passé se répète, en dénonçant des pratiques systématiques de violations des droits.

Pourriez-vous tout d’abord revenir sur les réflexions et le contexte qui vous ont amené à créer un centre spécifiquement consacré à la défense des droits humains aux côtés de l’association Memorial et en retracer les principales étapes ? S’agissait-il de promouvoir ces droits fondamentaux dans la construction d’une société démocratique et d’un État de droit ? Ou bien déjà une claire prise de conscience de la nécessité de les défendre ?

Si l’idée initiale qui a présidé à la création de Memorial était la conservation de la mémoire du passé répressif de la période soviétique, il est apparu rapidement qu’on ne pouvait pas parler du passé et fermer les yeux sur le présent. Cela n’aurait pas été honnête et aurait aussi affecté le travail sur l’histoire.

La défense des droits humains a commencé par des réactions de Memorial à des événements de l’actualité, notamment sur les conflits armés à la périphérie de l’URSS et leurs conséquences sur la population civile. Si la préoccupation principale était le sort des prisonniers politiques, jusqu’à leur libération progressive à partir de 1986, elle s’est ensuite orientée vers les victimes des conflits ethno-sociaux de la fin de l’URSS.

À partir des premières missions dans les zones de conflit et de l’aide aux réfugiés, un « groupe de défense des droits humains » s’est formé en 1989 au sein de Memorial, puis, en janvier 1991, est devenu le Centre pour la défense des droits humains, une structure à par

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Alexandre Tcherkassov

Physicien et directeur du Centre de défense des droits de l’homme Memorial.

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L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.