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« Fous de rage ». La politique américaine à bout de nerfs

mars/avril 2016

À la suite de la crise financière de 2008, la colère gronde aux États-Unis. Du Tea Party à Occupy Wall Street, le rejet de l’establishment s’explique par l’incapacité du politique à prendre en charge le malaise des classes moyennes.

La politique américaine à bout de nerfs

Quiconque cherche à comprendre l’apparente folie qui s’est emparée de la politique américaine ces temps-ci pourrait commencer par aller voir The Big Short, le film d’Adam McKay adapté du livre de Michael Lewis, ancien trader devenu journaliste financier. Le film s’inscrit dans une excellente série de documents cinématographiques sur la crise de 2008, ses ressorts, son dénouement et ses répercussions. Comme dans Margin Call, on y rencontre les excès de Wall Street, son moment de pensée magique sur les supposées vertus des marchés dérégulés, l’ivresse et la volonté de puissance des traders et de toute une industrie des services financiers et l’incrédulité devant l’effondrement quand celui-ci a fini par se produire ; comme dans Inside Job, on y voit à l’œuvre des réseaux d’influence, des délits d’initiés et la corruption du système de notation ; comme dans Cleveland contre Wall Street, enfin, on s’y interroge sur les responsabilités, individuelles et collectives, entre l’éthique de l’Américain ordinaire et un système où l&rsq

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Anne-Lorraine Bujon

Directrice de la rédaction de la revue Esprit. Ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée d’anglais, elle a étudié puis enseigné la littérature américaine, avant de se spécialiser dans l’animation du débat d’idées. Également chercheure associée à l’Ifri, elle s’intéresse en particulier aux questions d’histoire politique et culturelle des États-Unis.…

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Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».