Scène le 6 janvier 2021 devant le Capitole des États-Unis. | Tyler Merbler CC BY 2.0, Wikimédia
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À Washington, une nouvelle cause perdue ?

janvier 2021

Si l'envahissement du Congrès des États-Unis par des manifestants pro-Trump mercredi 6 janvier ne relève pas d'une véritable tentative de coup d'État, il s'agit néanmoins d'un événement d'une grande portée symbolique, qui témoigne d'un climat politique inflammable.

Après la guerre de Sécession, les Sudistes blancs ont longtemps entretenu le mythe de « la cause perdue » (the lost cause) : certes, les États rebelles avaient perdu une guerre menée pour défendre l’esclavage, mais leur cause, affirmaient-ils, n’en était pas moins noble, courageuse, et surtout juste. Parfois, rien ne nous conforte dans nos convictions autant qu’une bonne défaite. C’est à travers ce prisme que l’on peut considérer les événements qui se sont déroulés à Washington le 6 janvier : à la perte de la Maison Blanche, aux théories plus ou moins complotistes concernant la victoire de Joe Biden, au ressentiment qu’entretient depuis quatre ans Donald Trump dans le cœur de ses électeurs, il était nécessaire d’ajouter ce grand soir populiste, un assaut destiné à échouer tout en prouvant le bien-fondé de la cause. Avant même que la police ait fini d’évacuer les frondeurs pro-Trump du Capitole, la journée du 6 janvier était déjà en passe de devenir un lieu de mémoire. Dans les jours à venir, beaucoup d’Américains se piqueront de la solidité de leurs institutions politiques (tout en reconnaissant la gravité des menaces qui pèsent sur e

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