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Et si la Belgique disparaissait ?

juillet 2010

#Divers

« Si la Belgique disparaissait, plaisantait un journaliste britannique, personne ne s’en apercevrait ! » Et bien si, l’Europe. L’Europe parce que la Belgique est non seulement au centre de l’Europe et y accueille ses institutions, parce qu’elle œuvra à sa création, mais surtout parce que la fin de la Belgique signifierait l’impuissance d’un État à la longue tradition démocratique, face à la diversité, face aux identités revendiquées, face à la menace régionaliste. Bart De Wever a déclaré au soir des élections qu’on se trouvait devant deux opinions, deux cultures, deux pays, deux démocraties. On le savait depuis longtemps mais les Francophones pensaient que le « fédéralisme d’union » pouvait encore être accommodé et qu’il fallait résister aux appétits croissants de la Flandre en faveur d’une très large autonomie des Régions et des Communautés. Si ce pays, qui ne fut seulement pas un État mais aussi une nation, ne parvient pas à construire un nouvel équilibre institutionnel reconnaissant sa diversité, comment l’Europe des 27 pourra-t-elle juguler son impuissance actuelle ?

Car ce n’est pas derrière un nationalisme désuet que s’avance Bart De Wever, ce n’est pas un racisme, apanage d’une certaine Flandre xénophobe, qui le porte lui et les 30 % de Flamands qui l’ont choisi. Non, c’est un pays

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Annick Jamart

Historienne, elle s'intéresse à la Belgique contemporaine et préside diverses associations culturelles. Elle a publié divers articles dans la revue Esprit sur la crise institutionnelle belge et son fédéralisme atypique.

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