Le Lorrain, Port de mer au soleil couchant, 1639.
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La vraie nature du mercantilisme contemporain

juil./août 2019

Le mercantilisme du XVIIe siècle est une économie monopolistique de prédation, qui s’épanouit dans un contexte de défiance envers le marché libre et de finitude des ressources. Nous assistons aujourd’hui à son retour.

Entre la Chine et les États-Unis, la liste des produits touchés par de nouveaux tarifs douaniers ne cesse de s’allonger. De ripostes en rétorsions, les deux superpuissances sont lancées dans un engrenage sans fin qui affecte désormais la quasi-totalité de leurs échanges commerciaux. Il convient donc de se demander si les conséquences politiques de la Grande Récession de 2008 sont en passe de porter un coup d’arrêt au processus de mondialisation et à sa matrice idéologique, le « néolibéralisme ». Alors que les guerres commerciales font rage et que fleurissent les discours autour du « patriotisme économique » et de l’America first, notre présent semble voir renaître une forme antérieure du capitalisme que l’on qualifie généralement de « mercantilisme ».

S’en tenir à ce constat, c’est ne voir cependant que la partie émergée de l’iceberg. S’il est ainsi très probable que nous soyons entrés dans un temps néomercantiliste, la surenchère douanière actuelle n’en constitue qu’un épiphénomène qui ne remettra pas en cause le développement des échanges mondiaux dans les prochaines années. Comme le rappel

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Arnaud Orain

Professeur d'économie à l'université Paris 8, il a récemment publié La politique du merveilleux (Fayard, 2018), qui vient de recevoir le prix du meilleur ouvrage de la European Society fort the History of Economic Thought.

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Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Camille Riquier, fait l’hypothèse que le monde capitaliste a substitué l’argent à Dieu comme nouveau maître invisible. Parce que la soif de l’or oublie le sang des pauvres, la communauté de l’argent est fondée sur un abus de confiance. Les nouvelles monnaies changent-elles la donne ? Peut-on rendre l’argent visible et ainsi s’en rendre maître ?