Paris, place de la République, Nuit Debout 2016, Olivier Ortelpa, Flickr (CC BY 2.0)
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La démocratie ensauvagée

La démocratie réside moins dans l’institution que dans les pratiques conflictuelles qui revendiquent de nouveaux droits et débordent l’Etat. Le mouvement des places, qui ensauvage la démocratie, en témoigne.

« La réussite de la démocratie tient peut-être à son échec. Ou plutôt, ne serait-ce pas par-delà réussite et échec qu’il convient de penser la politique démocratique ? »

Étienne Tassin

La démocratie est-elle à bout de souffle ? Maintenant que nous sommes tous acquis à la cause démocratique, que même les fervents défenseurs du communisme ne voient pas comment il serait possible d’en sortir, la démocratie semble pourtant loin de tenir ses promesses. Les mouvements sociaux et les soulèvements populaires viennent troubler une époque dite « post-totalitaire » et infirmer le diagnostic d’une fin de l’histoire crainte ou espérée. À l’échelle globale, les mobilisations se succèdent, de l’alter-mondialisme aux « mouvements des places », dans un lointain écho au printemps de l’année 1968, tandis que l’insurrection zapatiste du Chiapas, les récupérations d’usine en Argentine au début des années 2000 ou encore la multiplication récente des grèves dans les usines chinoises[1] redistribuent les cartes du conflit à l’échelle des territoires nationaux. Ce

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Arthur Guichoux

Doctorant en philosophie et sociologie politique à l'Université Paris-Diderot.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.